[AD] Comment jouer en coopération

de | 1 février 2017

[AD] Article défi, voir mon défi fou pour l’annee 2017.

Dans cet article, nous verrons dans un premier temps un concept très important qui vous permettra de prospérer dans votre vie professionnelle, mais aussi dans votre vie personnelle et dans vos jeux vidéo. De plus, si vous vous lancez dans un projet ambitieux, vous devrez impérativement comprendre ce concept afin de prendre les bonnes décisions. Dans la deuxième partie de cet article, nous verrons, comment mettre concrètement en application ce concept grâce aux jeux vidéo. En effet, seulement une poignée de gens peuvent se permettre d’utiliser pleinement ce concept dans le monde professionnel (une entreprise étant majoritairement hiérarchique, vous pouvez être sûr d’avoir le moins de pouvoir possible à moins d’être l’un des fondateurs). Ce blogue étant avant tout dédié aux joueurs de jeux vidéo, je vous montrerai comment utiliser ces principes pour tirer du meilleur des jeux coopératifs.

Je vous ai fait assez languir comme ça. Dans cet article, je vais parler des besoins humains fondamentaux, ces besoins motivent nos décisions et nos actions et il est donc très important de les comprendre ou du moins d’en avoir conscience. Cela vous permettra de choisir la bonne façon de créer un produit par exemple, ou de comprendre les actions des personnes qui vous entourent, voire les vôtres pour éviter de prendre une décision biaisée.

Besoins humains fondamentaux

Théorie de Maslow

Il existe deux écoles (ou théories) principales concernant ces besoins : la première étant la pyramide de Maslow, créée par le psychologue Abraham Maslow, voir ci-dessous.

La théorie de Maslow est la suivante : Un individu a plusieurs besoins fondamentaux. Nous commençons par la base avec le besoin le plus basique tel que la survie. Une fois ce besoin satisfait (vous avez mangé et bu) vous ressentirez un besoin de sécurité, etc… jusqu’à arriver au sommet. La deuxième chose qu’il faut extraire de cette théorie, et qui est très importante est qu’un individu n’a pas de besoin d’estime s’il n’a pas satisfait les besoins qui sont inférieurs dans la pyramide. En clair, vous assouvissez vos besoins dans l’ordre de la pyramide (de bas en haut). Comme tout modèle, il est plus ou moins faux, mais ce modèle nous permet de comprendre quelques bases. Exemple d’erreur, comment expliquer qu’un enfant préfère jouer au football avec ses amis quand il se fait tard, qu’il a faim, qu’il a soif, et qu’il commence à faire nuit? Les besoins physiologiques et de sécurité ne sont pas satisfaits, selon la théorie de Maslow, il devrait être rentré à la maison depuis un bon moment. Toutefois, cette théorie a le mérite de nous permettre d’en apprendre davantage sur les types de besoins qui nous motivent.

La théorie des quatre moteurs (The Four Drive Theory)

Selon Paul Lawrence et Nitin Nohria (professeurs à Harvard), les choix que nous faisons sont poussés par 4 besoins humains fondamentaux et ici il n’y a pas de hiérarchie des besoins :

  1. Le besoin d’acquérir : Accumuler des objets physiques mais aussi des qualités immatérielles comme un statut, un pouvoir, une réputation, une influence. Les entreprises qui nous promettent de nous rendre meilleur exploitent ce besoin (coach sportif, coach séduction, « Devenez riche et célèbre grâce à… », etc…)
  2. Le besoin de se relier : Se sentir aimé, apprécié grâce à l’amitié, l’amour, rejoindre un club, avoir un mentor ou en être un soi-même, etc… Les activités du type : conférences, les événements, les services de rencontres, les concerts et même les restaurants.
  3. Le besoin d’apprendre : Satisfaire sa curiosité, les universités, les formations, les sites d’informations, etc.
  4. Le besoin de se défendre : Se protéger, protéger nos proches, notre territoire. Les entreprises qui vendent des alarmes, des armes « défensives », des systèmes de surveillance, les assurances, les arts martiaux, les services juridiques, les vidéos Youtube « self-defense », etc.
  5. Cette théorie oublie un autre besoin très important, le besoin de ressentir. Cela correspond aux besoins de nouvelles sensations sensorielles, le plaisir, l’excitation, de divertissement. On retrouve les jeux vidéo, les parcs d’attractions, le sport extrême, les voyages dans des îles paradisiaques, les événements sportifs, les concerts. Toutes les entreprises qui nous promettent de nous procurer du plaisir, du rêve, de nous faire vibrer exploitent ce besoin.

A chaque fois que vous voudrez créer, vendre ou même acheter un produit, pensez à ces besoins fondamentaux et demandez-vous quels besoins le produit que vous avez en tête va satisfaire. En tant que vendeur ou créateur, vous obtiendrez des informations très importantes sur « Qui est mon client ». En tant qu’acheteur, vous saurez quels besoins vous avez envie de satisfaire, ce qui vous permettra d’acheter ou non le produit en prenant une décision plus éclairée.

Nous retrouvons le même principe dans les jeux vidéo, notamment dans les choix que nous faisons de l’achat jusqu’à la fin de partie. En jouant à un jeu de rôle, votre personnage préféré en dira long sur votre personnalité et votre façon de surmonter les obstacles. Ces besoins seront très présents et très puissants dans tous les jeux de type coopératifs, en effet, les besoins qui sont exprimés dans les théories ci-dessus sont fondés sur l’interaction avec le monde extérieur et avec les autres individus.

Un exemple concret, I want YOU

L’exemple que j’aimerais vous montrer ici est assez représentatif de l’expression de ces besoins alors qu’il est remarquablement minimaliste par sa forme.

Cette affiche montre l’Oncle Sam (la personnification du gouvernement américain ou plus précisément des Etats-Unis) vous pointant du doigt. Le message est assez simple et pourtant très puissant : Je veux que TU t’engages dans l’armée, diriges-toi vers le centre de recrutement le plus proche. Cette affiche a été utilisée notamment lors de la première guerre mondiale pour pousser les citoyens américains à s’engager dans l’armée. Il faut avoir en tête, qu’à cette époque les Etats-Unis n’étaient pas une puissance mondiale, ils étaient à égalité avec l’armée mexicaine par exemple.

Nous allons utiliser les deux théories du besoin ci-dessus. Car oui, dans un sujet complexe, vous devez utiliser toutes les théories que vous connaissez afin de vous permettre d’évaluer la puissance de l’exemple d’une part, mais aussi la justesse des théories que vous utilisez. Le but n’est pas de savoir quelle théorie est la plus vraie, mais quelles théories vous permettront de mieux comprendre.

(1) : Maslow (2) Four Drive Theory

Cette affiche répond aux besoins de :

  1. Besoin d’estime (1) ou besoin d’acquérir (2). Ces besoins sont satisfaits par le mot YOU, sur l’affiche, il n’est pas marqué « Nous avons besoin de plus d’hommes », mais « Nous avons besoin de VOUS ». Le YOU est ici capital, ce mot place le lecteur dans une situation où il se voit comme important. Dans la tête du lecteur, c’est bien de lui dont on parle, pas d’une quantité d’homme indéfini, mais uniquement LUI. Cette importance est soulignée par le fait que l’Oncle Sam pointe du doigt le lecteur, ce qui accentue le caractère personnel du message.
  2. Besoin d’appartenance (1) ou besoin de se relier (2). Ces besoins qui sont en fait les mêmes, sont satisfaits par U.S. ARMY, ici vous allez rejoindre une armée, une « grande famille ». C’est d’ailleurs l’une des premières choses que l’armée vous apprend, l’esprit de groupe, avoir conscience d’appartenir à quelque chose de grand.
  3. Besoin de se défendre (2). Il était capital à l’époque de la Première Guerre mondiale de faire comprendre aux citoyens américains la nécessité de se battre. En effet, le conflit étant en Europe, les Américains avaient beaucoup de mal à réaliser le danger qui les menaçait. En effet, pendant le conflit, des navires anglais étaient coulés par l’armée allemande avec des Américains à leur bord. De plus, un télégramme a été intercepté par les Anglais où le message indiquait que l’Allemagne voulait s’allier avec le Mexique, ennemi des Etats-Unis de l’époque. Cette affiche fait donc appelle aux besoins de se défendre en créant un sentiment d’imminence de la menace.

Enfin, il existe un dernier élément très puissant dans la publicité : l’appel à l’action, c’est d’ailleurs ce que j’utilise quand je vous pose des défis. « nearest recruiting station », soit rejoignez le centre de recrutement le plus proche. En effet, ici, l’affiche pousse directement à l’action, ne donnant aucune possibilité d’hésiter à son lecteur, il doit tout simplement aller au centre le plus proche s’il veut rejoindre l’armée.

Je vous propose un défi : La prochaine fois que vous voyez une affiche publicitaire QUI VOUS PLAÎT, analysez là grâce aux besoins que je vous ai présentés ici, et énoncez les besoins auxquels vous êtes sensibles.

Jouer en coopératif

Jeu choisi pour illustrer le concept : Killing Floor 2 (PEGI 18)

Attention ce jeu est interdit aux moins de 18 ans, il y a des armes à feu, du sang, des membres qui volent. Si ce n’est pas votre tasse de thé, je vous conseille de vous arrêter là. Bien sûr, l’intérêt de l’article diminue grandement, mais ça ne vaut pas la peine de se rendre malade.

J’ai choisi ce jeu pour de multiples raisons. D’abord, c’est un jeu de tir à la première personne, c’est-à-dire que l’on joue un personnage et que l’on voit seulement à travers ses yeux (son arme et ce qu’il y a devant lui, voir la capture d’écran ci-dessous). Sur les côtés, vous avez diverses informations : votre argent, le nombre de balles et de grenades restantes (en bas à droite), point de vie et armure (en bas à gauche) et en haut à gauche un chronomètre et la distance qui vous sépare du magasin. Ensuite, ce type de jeu repose généralement sur les aptitudes et les talents du joueur seul. Le côté coopératif dans ce type de jeu est généralement très bas, je dirai même qu’il n’a pas évolué depuis bien 10 ans. Vous pouvez par exemple relever un allié qui a subi trop de dégâts et qui est incapacité. Vous pouvez le soigner parfois, et cela s’arrête là.

J’ai donc choisi ici un jeu dont le type (tir à la première personne) n’est pas propice à la coopération (du moins elle est vraiment très limitée) afin de pouvoir vous montrer ce que peut apporter la coopération dans le cas où elle est introduite dans un jeu de ce type et afin de pouvoir vous expliquer comment en tirer le maximum.

Là où ce jeu se démarque de tous ces concurrents, c’est qu’il laisse une grande place à la coopération. De nombreuses actions coopératives vous permettent d’être récompensés.

Les mécaniques de ce jeu sont assez simples :

  1. Une horde d’infectés (ou de zombies) vous arrive dessus à chaque manche. Chaque manche est séparée par un temps d’à-peu-près une minute où vous pouvez acheter de l’équipement dans un magasin.
  2. Plusieurs méthodes sont possibles pour avoir de l’argent (nécessaire pour acheter des armes, des munitions et de l’équipement) :
    1. La plus efficace et la plus facile à comprendre : Tuer des infectés
    2. Soigner ces équipiers vous donne de l’argent dont la quantité est proportionnelle au soin prodigué (Coopération)
  3. Ce jeu pousse à la coopération, mais à cause du type de jeu, les joueurs sont habitués à ne PAS coopérer
    1. Assister un équipier afin de tuer un infecté (=vous avez fait des dégâts mais pas assez pour le tuer, un allié arrive vous aider et le tue) (Coopération)
    2. Les points de vie des monstres augmentent selon le nombre de joueur dans la partie, vous poussant ainsi à unir vos forces (Coopération)
    3. Vous jouez certaines classes dans ce jeu qui ont des armes de prédilections et une tâche bien définie (artificier, tireur d’élite, médecin etc…) (Coopération)
    4. Presque toutes les classes peuvent donner de l’équipement ou aider les autres d’une manière ou d’une autre, que ce soit en leur donnant des munitions gratuitement, des grenades gratuitement etc… (Coopération)
    5. Vous pouvez donner de l’argent (Coopération)
    6. Il y a un système de chat (tchat) pour communiquer avec ces équipiers mais aussi la voix (Coopération)
    7. Il y a encore d’autres mécaniques mais vous avez compris le message

Une autre raison pour ce choix est que je veux montrer la puissance de la coopération. Pour qu’il y ait un besoin de coopération, il faut un obstacle assez grand pour ne pas pouvoir le franchir seul (ici une horde de zombies beaucoup trop imposante). C’est pour cela que j’ai pris un jeu de tir, quel meilleur objectif que de rester en vie?

La dernière raison qui m’a poussé à choisir ce jeu est qu’il est très difficile et que l’adrénaline monte vite dans les phases d’actions. Quand vous êtes plein d’adrénaline, la moindre pensée complexe vous demande beaucoup d’efforts et vous passez naturellement en mode « pilote automatique ». Pour coopérer pleinement dans ce jeu, il faut alors apprendre à le faire sous une grande pression et pensez à le faire en permanence. C’est donc l’exemple parfait qui est choisi ici pour montrer ce trésor qu’est la coopération.

Comment jouer en coopératif concrètement

Le but de cette partie est de vous montrer comment l’utilisation des besoins humains fondamentaux vous permettra de jouer en coopératif de la manière la plus naturelle qui soit.

Je vous propose de découvrir à l’aide de la vidéo ci-dessous, 3 situations :

  1. Dans la première partie de la vidéo, je décide de jouer sans communiquer avec mes équipiers, je joue en pilote automatique, la coopération est à son minimum.
  2. Dans la deuxième partie de la vidéo, je fais encore la même expérience, mais cette fois-ci je rejoins une partie où quatre joueurs sont déjà présents et ils font partie de la même équipe (ils se connaissent donc très bien). Vous serez absolument étonné de voir le piètre résultat de leur équipe.
  3. Enfin dans la dernière partie, je vous montrerai comment j’ai crée un environnement coopératif en utilisant les besoins humains fondamentaux ET un ingrédient secret que la majorité écrasante des joueurs n’utilisent pas, ou utilisent très mal.

Voir la vidéo ci-dessous qui contient les 3 séquences, la vidéo est assez longue mais aussi extrêmement riche, surtout sur la troisième séquence. Cette expérience va littéralement changer votre façon de jouer et vous faire découvrir de nouvelles richesses, cela vaut bien une heure de votre temps.

La première séquence commence à 0:00:00 et finit à 0:19:00.

La deuxième séquence commence à 0:19:00 et finit à 0:32:46.

La troisième séquence commence à 0:32:47 et finit à 1:14:41.

Les mythes que je veux DEMOLIR

Plusieurs mythes sont liés aux jeux coopératifs.

  1. Beaucoup de joueurs pensent que parce qu’ils sont bons seuls, ils seront bons comme partenaires. C’est tout a fait l’inverse. La première séquence nous montre un exemple. Mon partenaire a préféré me laisser pour mort plutôt que de rester m’aider. De plus, les autres membres de mon équipe n’ont même pas essayer de venir m’aider, ils sont restés à leur place pour « survivre coûte que coûte ».
  2. Dans la deuxième vidéo, je veux démolir le mythe qui dit que si on monte une équipe, qu’on change nos pseudonymes pour y afficher un préfixe, nous jouerons comme une équipe. Dans cette séquence, j’ai montré une équipe de quatre personnes qui n’avaient absolument aucun jeu d’équipe.
  3. Dans la troisième vidéo, le dernier mythe veut que coopérer veut dire donner tout à une personne. Or c’est totalement l’inverse. Dans un environnement coopératif, tout le monde gagne, tout le monde se sent important car tout le monde a une tâche très importante à réaliser. Il n’y a pas de meilleurs sentiments que d’être sauvé par ses équipiers, mais pour s’en rendre compte, il faut déjà jouer en équipe et pas jouer tout seul ensemble.

Conclusion

Le manque de reconnaissance est l’une des premières raisons du manque de motivation des salariés dans le monde. Apprendre à instaurer un environnement coopératif et à jouer/travailler en coopératif (= un environnement où tout le monde gagne) vous apportera beaucoup dans vos projets futurs.

Travailler à plusieurs veut aussi dire déléguer des tâches. Donc être assez mûr pour donner une tâche importante à quelqu’un sans être en permanence au-dessus de son épaule. Dans la seconde vidéo, j’ai insisté sur ce point, mon objectif est de couvrir la gauche, alors je vais couvrir la gauche. Afin de déléguer une tâche, il faut que la personne ait suffisamment bien compris sa tâche, c’est pourquoi, je donne des instructions claires et précises dans la troisième vidéo à chaque fois que l’opportunité se présente (If you see the big guy, just say so, so we can regroup).

Vous avez la chance, en jouant à des jeux vidéo, de pouvoir mettre en pratique de manière concrète ces concepts qui sont très importants dans le monde du travail mais aussi dans votre vie personnelle. Il vaut mieux essayer de les pratiquer dans un environnement sans risque (jeu vidéo), propice à la simulation (j’ai fait deux simulations dans la troisième vidéo : 1) Tirez sur X alors que je tire sur Y pour vous induire en erreur et 2) Ne tirez pas, attendez que l’on soit plus nombreux) alors profitez-en. La moindre erreur dans le monde professionnel peut créer des tensions énormes dans l’entreprise, alors ne faites pas comme beaucoup de salariés qui sont contraints de tester leur théorie sur le terrain au risque de détruire une relation.

 

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