La clé pour continuer de s’améliorer sur une longue période dans les jeux vidéo

de | 5 août 2017

Tous les joueurs de jeux vidéo ont des phases où ils cherchent plaisir, puis performance. Chez les joueurs compétitifs, on retrouve le même comportement, toutefois on y trouve aussi plus de frustration. En effet, ces derniers voudraient que la phase de performance dure plus longtemps, car c’est principalement pendant cette phase que leur niveau de jeu s’améliore. Alors, ils essayent tant bien que mal d’en tirer le maximum. Certains joueurs jouent la journée entière quand l’envie de performance est présente. Ils espèrent créer une sorte d’habitude qui les pousserait à continuer. Sans surprise, cela ne marche pas du tout. Les joueurs qui utilisent cette méthode sont au contraire beaucoup trop fatigués pour continuer et arrêtent leur progression bien plus tôt que la normale. D’autres essayent de disséminer leurs séances d’entraînement, cela leur permet d’en profiter plus longtemps, mais l’ennuie n’est jamais trop loin et l’ennuie ne fait pas long feu face à la multitude de jeux vidéo qui vous procureront du plaisir instantanément. En fait, ces deux catégories de joueurs font une erreur sans s’en rendre compte. A cause de cette erreur, il n’est tout simplement pas possible de jouer pour s’améliorer sur une longue durée. Ils ont une fausse image de ce que jouer pour s’améliorer veut dire et ils se retrouvent donc à lutter contre leurs propres désirs dans le but de s’améliorer au lieu d’essayer de trouver un moteur qui leur permettra de continuer plus longtemps.

Ici, je vais vous donner un moteur qui a fait ses preuves, mon moteur. Celui qui m’a permis de me battre pendant 1 mois sans relâche pour atteindre le top 2% sur Starcraft II alors que je ne jouais qu’une heure par soir. Ce même moteur qui m’a permis d’atteindre ce niveau en 1200 matchs quand les joueurs autour de moi étaient en moyenne à 3 fois plus. Je ne vous le cache pas, ce moteur est complexe, il s’est d’ailleurs complexifié pour se raffiner à chaque fois que je l’ai utilisé, me permettant de connaître ses défauts, mais aussi les miens. La majorité de ces défauts viennent dans le simple fait d’être humain, ce qui est une bonne nouvelle pour vous, car vous pourrez à votre tour utiliser les mêmes mécanismes de défense que j’ai développés afin d’augmenter la durée de vos phases de performance. Ce moteur que je vais vous livrer vous permettra de rester motivé bien longtemps, ici, vous ne lutterez pas contre l’ennui, car vous vous amuserez. Vous ne serez pas en permanence à lutter contre votre désir de faire autre chose, car justement vous n’aurez plus que cela en tête. Votre perception va radicalement changer, les défaites ne seront plus des choses purement négatives, mais des cadeaux que votre adversaire vous fait pour vous montrer vos faiblesses. Les victoires viendront remplir votre réservoir de carburant et vous vous en servirez pour vous ressourcer dans les moments où vous en avez le plus besoin. Bref, ici, je vais vous donner quelque chose qui vous manque et dont vous ne soupçonniez même pas l’existence.

Un gros problème de définition de l’amélioration

L’erreur la plus commune que les joueurs de jeux vidéo font est de croire que s’améliorer, implique forcément de se faire du mal. Ne me fais pas dire ce que je n’ai pas dit. Evidemment, il y aura de la souffrance, car vous devez changer votre façon de jouer et cela n’est pas naturel. Mais ces joueurs pensent de manière extrême, pour eux, on ne s’améliore QUE si l’on souffre. L’effet secondaire de l’amélioration s’est transformé en but aux yeux de ces joueurs, c’est leur unique point de repère pour savoir s’il s’améliore ou non. Il est donc normal qu’ils ne tiennent pas sur la durée. A moins d’être masochiste, je ne vois pas comment quelqu’un peut avoir envie de refaire une séance d’entraînement si le prix a payé est de souffrir et seulement souffrir.

Continuer de jouer pour s’améliorer tout en souffrant, demande une grande dose de volonté. Comme je l’ai dit dans un précédent article, la volonté est une ressource comme une autre, elle s’épuise donc au fur et à mesure que vous en utilisez pour vous forcer à faire quelque chose ou pour inhiber vos instincts. Malheureusement pour la grande partie des joueurs, ils ont un travail et une vie qui drainent beaucoup de leur volonté, ils ne sont donc pas au meilleur de leur forme quand ils commencent leur séance d’entraînement. Et c’est pour cela qu’il est impératif de changer cette définition de l’amélioration et d’ajouter un moteur afin de fournir de l’énergie pendant l’entraînement.

Tout d’abord s’améliorer ce n’est pas que souffrir. Il y a même énormément de plaisir à s’améliorer pour peu que l’on sache le faire de manière constructive. Or, nous avons tendance à être souvent très durs avec nous-même, surtout dans ces phases où nous sommes motivés pour nous dépasser. On vise très haut, même trop haut et dans ce cas-là, on finit déçu et frustré par notre prestation. En fait, notre problème racine est le fait de croire que pour s’améliorer, seule la performance concrète compte, ce qui est très faux. Le mental joue énormément dans l’atteinte de l’objectif. Que ce soit clair, quand vous voulez vous améliorer, vous faites quelque chose qui est tout sauf facile. C’est d’ailleurs très simple à comprendre, si vous voulez vous améliorer, c’est que vous cherchez à atteindre un niveau que vous n’arrivez justement pas à atteindre normalement. Et plus vous viserez haut, plus cela sera difficile. Donc premièrement, enlevez-vous de la tête que s’améliorer consiste à souffrir et séparez-vous des idées stupides comme « quand on veut, on peut ». Ces idées ne font que renforcer le fait de croire que tout est une question de volonté, or avec une méthode inefficace, peu importe votre volonté, vous ne produirez rien.

Un problème de méthode et un manque de vision

Comme d’habitude, ici il s’agit d’un problème de méthode, c’est pourquoi je vais vous présenter ma vision des séances d’entraînement et vous pourrez alors vous aussi vous en servir pour vous améliorer efficacement ainsi que sur la durée. Tout d’abord, s’améliorer est tout a fait compatible avec le fait de s’amuser. Toutefois, cet amusement n’aura pas la même forme que tous les joueurs de jeux vidéo connaissent. C’est-à-dire qu’ici, ce n’est pas l’action en elle-même qui va vous faire plaisir, mais le fait de réaliser que : la petite action que vous faites ici, le résultat que vous allez réussir à obtenir, va entraîner un « effet papillon » sur votre amélioration à long terme. C’est-à-dire que l’obstacle que vous allez prochainement franchir, n’est pas seulement un obstacle de moins, c’est aussi une marche d’escalier que vous allez monter afin d’atteindre le niveau que vous souhaitez. Cet obstacle est le début de quelque chose de beaucoup plus grand, de la même façon qu’un battement d’ailes de papillon va « provoquer » une tornade à l’autre bout du monde.

Afin d’avoir cette vision long terme, ce n’est pas le joueur de jeux vidéo qui est en vous que vous allez devoir utiliser, mais le rêveur dont j’ai parlé dans un précédent article. C’est la seule facette de votre personne capable d’avoir une vision du future précise et qui est déterminée à venir façonner le présent afin d’atteindre ce future. Sans cette image lointaine de ce que vous voulez devenir en permanence dans votre viseur, vous n’avez aucune chance de saisir l’étendue de vos actions et encore moins de rester motivé face aux échecs qui d’après le rêveur n’en sont même pas.

Car c’est aussi ici que les joueurs font une grosse erreur. Ils n’utilisent que le manager et le joueur de jeux vidéo pour s’entraîner, s’améliorer. Même la présence du manager est discutable. En effet, souvent il n’intervient qu’au début pour créer le planning et se résume en « okay, je vais m’entraîner tous les jours, au moins une heure par jour ». Au-delà de cela, le joueur de jeux vidéo prend les commandes. Or cette facette ne recherche que le plaisir et c’est en ce sens que vous n’arriverez jamais à faire des sessions longues qui sont justement difficiles.

Une méthode efficace afin de s’améliorer concrètement et sur la durée

Jeu vidéo : Gwent. Ce jeu (dans un jeu) de cartes vient à la base du jeu The Witcher III. Il a eu tellement de succès que les développeurs en ont fait un véritable jeu.

Ma méthode consiste à créer un jeu dans le jeu. Votre jeu vidéo sur lequel vous voulez devenir meilleur, va en fait devenir un prétexte pour jouer à un autre jeu, ce jeu où vous êtes le personnage principal et où le but est de devenir meilleur chaque jour afin de réaliser les choses qui vous tiennent à cœur. Comme dans tous jeux, il y a des règles à respecter si vous voulez être bon à ce jeu. Les règles n’ont pas besoin d’être listées de manière exhaustive, il faut au contraire laisser de la place au mystère, à la découverte par l’expérience. Les règles minimales sont les suivantes, ce sont ces règles qui ont façonné ma méthode : (afin de différencier le jeu dans le jeu du vrai jeu, je vais appeler ma méthode le « jeu imaginaire »)

  1. Ne partez jamais de votre but dans votre jeu pour y créer un jeu imaginaire autour. Si votre but est de monter dans le classement, le jeu imaginaire que vous allez vous créer ne doit pas avoir pour but de vous faire monter dans le classement. Oui, je sais, c’est contre-intuitif, mais cela est capital afin que vous puissiez faire la séparation entre le jeu sur lequel vous voulez vous améliorer et le jeu imaginaire auquel vous jouer. Ce que vous faites de ce jeu imaginaire doit venir après, en effet, il faut tout d’abord que votre jeu imaginaire vous donne envie d’y jouer avant de pouvoir progresser. Le jeu imaginaire doit être la priorité. Mon but était de monter dans le top 2% et mon jeu imaginaire consistait à maîtriser de plus en plus de concept et de les concrétiser dans la partie. Cela a enrichi mon éventail de compétences et, de ce fait, a amélioré mon niveau de jeu. A chaque fois que je maîtrisais un nouveau concept, je gagnais un niveau. Mon côté rêveur voyait cela comme une réponse à la question « Quelles compétences, critères, un meilleur joueur devrait maîtriser? ». Chaque compétence, critère que je parvenais à maîtriser, forma une marche d’escalier vers mon rêve.
  2. Ne créez pas un jeu imaginaire auquel vous ne voulez pas jouer. Souvent, les gens considèrent encore que pour s’améliorer, il faut souffrir. Alors, ils se mettent à créer un jeu imaginaire de torture pour eux-mêmes. Mauvaise idée. Créez-vous un jeu qui vous donnera du plaisir et qui de temps en temps vous permettra de vous améliorer.
  3. Faites bien attention à ce qu’il y ait de multiples façons précises de gagner dans votre jeu imaginaire SANS pour autant arrêter la partie. S’améliorer est difficile, vous tomberez à plusieurs reprises. Si vous considérez le fait de se relever comme quelque chose de normal, préparez-vous à être extrêmement frustré, car vous ne ferez que cela. C’est pourquoi j’ai transformé chacun de mes échecs en véritables leçons qui me permettent de me corriger à chaque fois. En faisant cela, je maîtrise encore une fois des compétences supplémentaires, j’enrichis mon niveau de jeu, bref, mes échecs me permettent de gagner dans mon jeu imaginaire. Mais parce que dans mon jeu imaginaire l’objectif n’est pas de gagner, mais de devenir un meilleur joueur, le jeu imaginaire continue.
  4. Changez de temps en temps les règles du jeu, mais seulement la tactique, pas la stratégie. Autre concept contre intuitif, votre jeu imaginaire peut évoluer, il peut même fortement évoluer. Toutefois il doit garder sa composante stratégique. La stratégie, ce sont vos valeurs, votre éthique, la morale sous-jacente de la logique de votre jeu imaginaire. Par exemple, je voulais monter top 2% dans mon jeu en jouant de manière « loyale ». Je ne voulais pas abuser d’une stratégie particulière qui je savais était puissante. Ce que je voulais, c’était apprendre comment réellement jouer au jeu en question. Pour cela, il fallait que je joue à mon jeu de manière à pouvoir saisir toutes ces nuances, toutes ces subtilités. Et parce que chacune de mes parties venait enrichir mon niveau de jeu, mon niveau de compréhension, je saisissais de plus en plus les nuances. Cela me faisait extrêmement plaisir. Je changeais les règles du jeu en changeant ma façon de jouer, de gagner, j’exploitais d’autres tactiques afin d’atteindre mon but.
  5. Ne vous attendez pas à ce que le jeu imaginaire soit auto-suffisant. Ce n’est pas parce que vous vous êtes créé un jeu imaginaire plaisant que vous aurez envie d’y jouer. Vous devez en permanence garder votre image du futur en tête afin de rester motivé et de vous souvenir du « pourquoi je fais cela ». Il est extrêmement simple une fois dans le jeu imaginaire, de perdre le sens de ce que l’on fait. Une victoire reste une victoire, une défaite a un goût amer, même si elle porte du sens. Mais pour que tout cela ait du sens, il vous faut une boussole pour garder le cap.
  6. Le jeu imaginaire doit avoir un sens. Conséquence directe de la règle précédente, le jeu imaginaire en lui-même doit avoir un sens, une vérité, une logique. Si vous ne comprenez pas votre jeu, si vous n’en saisissez pas le but, votre jeu ne sera qu’une perte de temps.
  7. Le jeu imaginaire doit être amusant de temps en temps. Votre jeu imaginaire ne doit pas être amusant tout le temps. La plupart des jeux ne sont d’ailleurs pas drôles, il y a un côté excitant à justement savoir gérer ce qui n’est pas drôle. Comme par exemple apprendre à ne pas perdre sa dignité dans les mauvais jours.

Ici, je veux surtout vous faire éviter le piège de courir après la performance pour la performance. Si vous avez déjà fait cette erreur, vous vous êtes vite rendu compte que la performance sans but ne mène à rien et cela est très démotivant. Si vous voulez vous améliorer, faites-le au moins d’une façon où cela a un sens.

Défi

A vous de jouer. Lors de votre prochaine phase d’entraînement, au lieu de vous fixer des objectifs ambitieux, utilisez des objectifs simples et prenez le temps de vous créer un jeu imaginaire en respectant les règles ci-dessus. Vous seriez surpris de constater que le simple fait de jouer à ce jeu imaginaire vous poussera à aller plus loin. C’est d’ailleurs le but d’un moteur, ici un moteur de croissance.

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