[AD] Les 3 facettes nécessaires pour être un excellent joueur de jeux vidéo

de | 28 juillet 2017

Souvent on me demande ce qu’il faut pour être un excellent joueur de jeux vidéo. Avant de leur répondre, je leur demande de me dire en premier ce qu’il en pense, cela me permet de cerner l’image du « joueur excellent » selon eux. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le joueur excellent est un surhomme. Il ne craque jamais dans la difficulté, il apprend en permanence de ses erreurs, il est  toujours en forme avant de jouer, il a un talent naturel pour les jeux vidéo, il a un talent naturel pour gagner. Bref, pour être un excellent joueur de jeux vidéo selon beaucoup de joueurs, il faudrait être né pour cela ou venir d’une autre planète. Concrètement, cela se traduit par un comportement très destructeur chez les joueurs qui aspirent à devenir meilleur. Quand ils se mettent comme objectif de devenir un excellent joueur (ou même juste de s’améliorer), sans s’en rendre compte, ils deviennent le pire pour eux-mêmes. Par exemple, quand ils réagiront mal face à une erreur, ils ne se le pardonneront pas, ils diront des choses comme « ce n’est pas ce qu’un bon joueur ferait ». Non seulement ils ne se le pardonnent pas, mais en plus, ils ne l’autorisent pas non plus pour les autres joueurs autour d’eux, ils s’énervent (se frustrent) donc rapidement quand un équipier fait une erreur. Vous l’aurez compris, en mettant la barre très (trop) haut, on ne devient pas du tout meilleur, on devient juste malheureux et frustré.

J’aimerais vous donner ici ma définition de « l’excellent joueur », à vous de la prendre ou non. Avant de prendre votre décision, sachez simplement que c’est cette définition qui m’a permis de devenir un meilleur joueur chaque jour. Cette définition m’a permis de  vraiment apprendre de mes erreurs, plutôt que de seulement minimiser leurs effets sur moi : je les ai transformées en opportunités pour grandir. Je suis devenu plus patient, ce qui me permet de prolonger mes séances d’entraînements tout en tirant un maximum de bénéfices de chacune d’elles du début à la fin. Mon jeu est aussi plus tourné vers les autres, dans les jeux de type coopératifs, mon jeu permet à tous mes équipiers de gagner, là où la règle est plutôt de tirer dans les pattes de ses équipiers pour finir premier (ce qui n’a aucun sens). Parce que je suis plus tolérant envers mes erreurs, je le suis aussi envers les erreurs des autres, de mes équipiers. Cela permet de créer un climat propice à la coopération, la construction de chacun et de l’épanouissement. L’expérience dans ce type d’environnement est infiniment plus intéressante que dans la compétition jusqu’à l’absurde qui frappe la majorité des jeux et donc les joueurs de jeux vidéo.

Qu’est-ce qu’un excellent joueur de jeux vidéo?

Un point de controverse, rapidement

Je tiens à commencer par le point le plus controversé, un excellent joueur pour moi n’est pas forcément quelqu’un qui joue très bien. N’importe qui, qui joue depuis des années et des années, serait un excellent joueur si c’était le cas. Pour moi, la différence se fait au niveau de la vitesse de progression. Un excellent joueur est quelqu’un qui progresse vite et pas nécessairement en jouant beaucoup. C’est quelqu’un qui arrive à se placer des objectifs dans ses jeux vidéo et qui y travaillent pour les atteindre. C’est avant tout quelqu’un qui sait se remettre en question plutôt que de seulement le dire. Enfin, c’est quelqu’un qui n’hésite pas à sortir de sa zone de confort pour voir ce qui fonctionne le mieux, plutôt que le joueur lambda qui juge les méthodes des autres avant même d’en prendre connaissance.

Les 3 facettes de l’excellent joueur de jeux vidéo (voire au-delà)

Jeu vidéo : GTA 5. Vous jouez 3 personnages très différents dans ce dernier volet.

Souvent (pour ne pas dire tout le temps), dans les descriptions que l’on me fait de cet excellent joueur, on me décrit un joueur, un homme ou une femme, avec une personnalité unique. On me décrit cette personne comme si elle était capable de faire tout et n’importe quoi de manière naturelle et c’est là où je ne suis absolument pas d’accord. Cela a des conséquences désastreuses sur le moral des joueurs que je coach par exemple. En effet, quand ils essuient un revers, ils disent souvent des choses comme « je ne devrais pas réagir comme cela, un meilleur joueur aurait fait autrement » ou « j’ai eu de la chance, il était moins bon que moi ». Ils pensent que cet excellent joueur est infaillible, que c’est la même personne qui joue très bien, corrige ses erreurs et qui se pose des objectifs ambitieux. Mais pour réaliser tout cela, atteindre ses objectifs, il faut être en fait 3 personnes différentes.

Le premier personnage : le joueur de jeux vidéo en tant que tel

Le premier personnage, tout le monde le connaît. C’est le joueur de jeux vidéo en tant que tel. Celui qui joue la partie, celui qui réagit à chaud pendant la partie. Il est du genre « on n’est jamais mieux servi que par soi-même », alors c’est lui qui prend les commandes la plupart du temps. Tant qu’il joue, il est content, car c’est lui qui est aux commandes et c’est sa façon de s’épanouir. Les choses vont à SON rythme, sa progression, c’est lui qui la dicte. Il pense que sans lui, il n’y aurait même pas de projets, même pas de besoin d’objectifs. Pour lui, il ne sert à rien de réfléchir, de se fixer des objectifs compliqués. Non, pour lui, les choses sont simples, si tu veux devenir meilleur, il faut jouer (sans réfléchir)! Les rôles des deux autres personnages que je vais vous présenter sont inefficaces selon lui. L’un est trop déconnecté de la réalité, car il a des idées farfelues et que lui, il aime être dans l’action! Quant à l’autre personnage, c’est un problème, car il veut le contrôler. Alors que le joueur de jeux vidéo lui, il veut juste s’amuser avant tout!

Le deuxième personnage : le manager

Le manager intervient quand le joueur de jeux vidéo se décide enfin à se mettre des objectifs (nous verrons que c’est en fait un autre personnage aux commandes à ce moment-là, le troisième). C’est souvent un accident, pour une raison ou pour une autre, le joueur de jeux vidéo s’ennuyait et a décidé d’aller plus loin, de repousser ses limites. Le manager, c’est celui qui fixe le planning, l’ordre, les prévisions d’améliorations. A partir de l’expérience passée du joueur de jeux vidéo, il va lui construire une routine, il lui fera utiliser toujours les mêmes méthodes, qu’elles marchent ou non. Concrètement, les conséquences du manager sont que le joueur de jeux vidéo progresse vite (car il prend de bonnes habitudes), jusqu’à ce qu’il ne progresse plus du tout (car il a accumulé trop de mauvaises habitudes). Quand le joueur joue pour s’amuser, il sera toujours tenté de faire bien, de faire les choses correctement, efficacement ou « comme il a appris ». Cela veut dire que vous ferez toujours les mêmes actions, bonnes comme mauvaises. Le manager vit dans le passé, il a trouvé quelque chose qui marche plus ou moins et il s’y accroche coûte que coûte. Il a besoin d’ordre, c’est sa façon de s’épanouir.

Le troisième personnage : le rêveur

Le rêveur transforme n’importe quelle trivialité en opportunité, c’est le visionnaire de la bande, le moteur du groupe. Il y a un moyen de prendre l’avantage sur son adversaire en faisant la tâche X avant Y? étudions cela de plus près! Vous avez trouvé un moyen de gagner 3 secondes? Le rêveur vous dira « allons voir s’il n’y a pas d’autres opportunités de gagner du temps ». Le rêveur vit dans le futur, très rarement dans le présent et jamais dans le passé. Il s’épanouit quand il est libre de créer, de chercher de nouvelles astuces. En contrepartie, il a besoin d’un contrôle démesuré de la situation. En effet, pour atteindre ses objectifs futurs, il doit guider le présent d’une main de fer. « On fait comme ça et puis c’est tout! ». Concrètement c’est le personnage que vous incarnez quand vous venez de lire un nouveau guide et que vous décidez de le tester. Contre vents et marées, vous essaierez de faire marcher la nouvelle technique de jeu. Le rêveur est très intéressant, car il permet à la personne de sortir de sa zone de confort et de s’améliorer. Mais parce qu’il rentre en conflit direct avec le manager qui aime faire toujours la même chose et le joueur qui veut seulement s’amuser, les résultats ne sont pas toujours ceux que l’on attend.

Constat sur la population des joueurs de jeux vidéo

Le joueur de jeux vidéo typique qui veut s’améliorer, c’est généralement 10% rêveur, 20% manager et 70% joueur de jeux vidéo. En clair, même les joueurs de jeux vidéo qui disent vouloir s’améliorer, sont avant tout des joueurs voulant s’amuser. Un joueur qui aspire à devenir excellent, mais qui ne cultive pas son côté manager, stoppera sa progression prématurément, car il refusera de se plier à une certaine discipline, des obligations qu’il doit accomplir afin d’être efficace face à ses adversaires. Un joueur de jeux vidéo qui aspire à devenir excellent, mais qui est dominé par son côté manager, fera toujours les mêmes actions, fera toujours les mêmes erreurs. Très rapidement, il se sentira dépassé par les choses, par ses adversaires.

La majorité des joueurs que je coach n’ont pas suffisamment nourri leur côté manager et souvent, ils s’arrêtent très tôt dans la méthode que je propose pour une raison assez claire : ils se rendent tout simplement compte que pour progresser, ils ne peuvent pas jouer comme ils le faisaient auparavant. C’est un choc assez brutal, le joueur de jeux vidéo, qui occupait la scène pendant 70% du temps, doit laisser sa place (en partie). En fait, ma méthode vise concrètement à faire perdre du terrain à leur côté joueur de jeux vidéo pour créer un vide assez grand afin que leur côté manager vienne remplir le nouvel espace. Je leur parle de s’entraîner une heure par jour, de noter leurs résultats, d’analyser leurs replays etc…  S’ils survivent à cette étape, leur rêve, leurs aspirations vont commencer à s’exprimer (=le rêveur) et je tiens plus un rôle d’assistant à partir de ce moment. A travers mon expérience, je les aide à vaincre les obstacles le plus rapidement possible afin qu’ils réalisent qu’ils ont besoin des 3 facettes afin de progresser.

Conclusion

Donc en clair pour moi un excellent joueur de jeux vidéo est un joueur qui a conscience de ces 3 facettes. Sa façon de jouer, d’approcher les jeux vidéo, doit permettre à ces trois facettes de s’épanouir. Concrètement, cela revient par exemple à donner l’analyse de votre replay (souvent une défaite) à votre côté manager. Or, l’erreur que je constate le plus souvent est que l’analyse est donnée au côté joueur, la partie qui veut seulement s’amuser, ce qui est extrêmement désagréable pour lui. Après l’analyse, vous devrez donner des pistes de solutions, ici encore je constate que les solutions sont demandées à la partie joueur de jeux vidéo de la personne, celle qui n’a pas envie de se prendre la tête. Pour préparer le futur, essayer des corrections, vous avez besoin du rêveur et de son optimisme débordant pour votre futur. Cela pour une raison extrêmement simple, le manager vous fera répéter inlassablement les mêmes actions et vous ne pouvez pas obtenir des résultats différents si vous faites tout le temps la même chose.

Défi

Et vous? Laissez-vous assez de place à votre côté manager afin de vous permettre de vous améliorer efficacement? Nourrissez-vous assez le rêveur en vous pour vous permettre d’aller plus loin? Ou est-ce que c’est le joueur, la tête chercheuse de plaisir qui vous domine? Si vous jouez pour progresser, essayez de répondre à ces questions de la manière la plus honnête possible. Si vous constatez un déséquilibre majeur, cela est sûrement la source de votre manque de performance.

 

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