[AD] Etre un bon meneur

de | 14 février 2017

[AD] Article défi, voir mon défi fou pour l’annee 2017.

Dans l’article précédent, j’ai parlé du goût du pouvoir et des dérives liées à celui-ci. Ici, je vais vous présenter différents éléments qui vous permettront de ne pas succomber à ce besoin primaire de « dominer les autres » qui n’a absolument aucun intérêt si ce n’est de vous donner l’illusion d’être important.

La cause primaire

Rappel : Si vous êtes le meneur dans une équipe, il y a de grandes chances que vous jouissiez d’un statut vous plaçant « au-dessus » des autres, pour le dire simplement, vous pouvez vous autoriser à faire des choses que les autres ne feront pas, par exemple : décider de la stratégie, changer de stratégie sur un coup de tête, pour les décisions les moins compromettantes. Pour les actions que vous ne devriez pas vous permettre de faire, nous retrouvons : dire à quelqu’un comment il doit jouer, car sa façon de jouer ne vous plaît pas, sauter sur les gens quand ils font une erreur, pointer du doigt quelqu’un de votre équipe quand VOUS faites une erreur. Bref, vous l’aurez compris, vous vous permettez de faire des choses que personne ne devrait accepter, et parce que votre statut vous le permet, vous agissez sans subir les conséquences et vous adorez cela.

Une conséquence néfaste

Ce comportement aura pour conséquence de détruire la relation avec vos équipiers. Néanmoins, ils voudront toujours jouer avec vous, car ils aiment le travail d’équipe quitte à supporter vos manques de considérations (pour être gentil). L’autre conséquence beaucoup plus insidieuse est que cela va transformer vos équipiers en petits soldats, en parfaits exécutants. Le but de l’équipe sera alors de vous donner de plus en plus d’importance et de satisfaction, l’atteinte de votre objectif commun qui est de gagner ensemble et que tout le monde s’épanouisse va être secondaire ou tout simplement disparaître.

Reconnaître un bon leader/meneur

Dans cette partie, je vais vous donner les éléments vous permettant de sortir de ce schéma de tyran pour vous permettre de devenir un grand meneur. Ces éléments, vous pouvez les rajouter directement dans la description de votre système ou modélisation si c’est l’approche que vous avez utilisée, sinon, gardez les en tête et relisez-les avant une partie.

Dans le livre Good To Great, de Jim Collins, l’auteur fait l’analogie entre une entreprise et un bus. Les passagers du bus sont vos collaborateurs ou équipiers. Le chauffeur du bus est le président ou dans notre cas, le meneur. Le bus est plein et est à l’arrêt. Pour qu’une entreprise (ou une équipe) soit géniale, le bus devra contenir un certain type de passager et être conduit par un chauffeur éclairé très spécial.

Photographe : Axel Drainville

Les passagers pensent que le chauffeur emmènera tout le monde vers une destination qu’il sait être la bonne. En fait, ce n’est pas le cas de ce bus. En effet, la destination est inconnue et ici la destination sera décidée par tout le monde et le voyage sera aussi important que la destination. Mais avant de choisir la destination, le bon chauffeur ou le bon meneur va choisir les bonnes personnes, faire descendre les mauvaises personnes (celles qui ne vont pas travailler pour l’équipe), et surtout, placer les bonnes personnes aux bonnes places. Puis quand le bus ne contiendra que des bonnes personnes, la destination sera choisie collectivement. De cette manière, la destination choisie permettra l’épanouissement de tous les voyageurs et du chauffeur.

C’est exactement cette méthode que vous allez utiliser. Dans ce schéma, le chauffeur de bus n’est pas plus important qu’un voyageur, il a simplement un rôle différent. Toutes les personnes dans le bus sont importantes.

1. Les bonnes personnes que vous avez choisi doivent atteindre leur plein potentiel

Pour cela, il faut que vous leur laissiez la place qui leur convient le mieux. Une fois qu’ils ont pris place, votre but (celui du chauffeur) est de donner les éléments nécessaires aux voyageurs pour qu’ils s’épanouissent et deviennent toujours plus eux-mêmes. Cela veut aussi dire que leur importance dans l’équipe va augmenter, ils seront tous des membres indispensables de l’équipe, en tant que tels, vous devrez pouvoir compter sur eux sans avoir à leur tenir la main quand ils exécuteront leur mission, vous devrez aussi mettre à leur disposition les moyens nécessaires pour qu’ils puissent atteindre leur objectif d’eux-même.

2. Vous devez adopter une position de coordinateur, de facilitateur et non pas de petit chef

Au départ, vous devrez dire explicitement ce que vous attendez de vos équipiers. Au fur et à mesure que la relation se développe, les directives deviendront de plus en plus abstraites, laissant place à plus d’initiative de la part de vos équipiers. Ils vont choisir la façon d’accomplir leurs objectifs et dans ce choix, ils s’approprieront leur tâche, ils en feront une priorité et en tireront de la fierté. Vous serez là comme coordinateur, il est facile pour quelqu’un de perdre de vue l’objectif global qui est de jouer en équipe, une personne qui fait trop de zèle par exemple peut « trop » bien accomplir sa mission et gêner ses collègues, prendre trop de risques ou en faire prendre aux autres. Il est de votre devoir de recentrer les priorités de chacun et de leur donner assez de vision pour qu’ils puissent placer leur contribution dans les performances de l’équipe.

3. Votre importance va diminuer grandement

L’humilité, c’est une qualité très difficile à définir. Certains pensent que cela consiste à volontairement diminuer sa contribution par rapport à celles des autres, cela s’appelle de la fausse modestie. Dans ce cas, vous dites que vous ne faites pas grand-chose, mais vous pensez exactement le contraire. L’humilité est plus profonde, elle cherche la vérité. Si effectivement vous n’avez pas beaucoup affecté une situation, le reconnaître est faire preuve d’humilité. Savoir placer justement sa contribution dans l’atteinte d’un objectif, c’est être humble. Et c’est ici que le plus grand effort devra être fait. Vous allez vous placer dans un contexte où votre contribution réelle à l’équipe va volontaire diminuée pour laisser la place à vos équipiers afin de former une équipe où tout le monde a sa place plutôt qu’une équipe où une personne peut écraser toutes les autres pour avoir le meilleur score. Il sera aussi de votre responsabilité de veiller à ce que chaque équipier ne va pas gêner son voisin.

4. Vous rappeler constamment de votre objectif principal

Votre objectif est de créer un environnement propice à la coopération. Vous devez satisfaire les besoins humains fondamentaux de tous vos équipiers ainsi que les vôtres. Etre dans une situation où tout le monde gagne. Remarquez que j’ai parlé d’une situation où tout le monde gagne, pas d’une situation où vous gagnez la partie. Gagner la partie ou le match est une finalité et pas un objectif. Ici votre but est de créer la meilleure coopération possible et non pas d’utiliser vos équipiers pour arriver à vos fins.

5. Motiver vos équipiers à prendre leur responsabilité

Dans le monde réel, tout est fait pour limiter au maximum votre responsabilité, au point où certains pensent que l’école doit élever leurs enfants pour eux. Quand un accident a lieu, quelqu’un est en tort, mais n’est pas responsable, il y a les assurances qui prennent le relais. Quand vous travaillez, vous faites partie d’une hiérarchie qui définit et limite vos responsabilités, cela définit aussi vos moyens et enfin votre vision. Ce qui est parfois très drôle quand on demande aux gens de prendre des initiatives sans leur donner la vision.

Je pense qu’il est facile pour vous d’imaginer que les gens prennent encore moins leur responsabilité dans un jeu vidéo, les excuses du type « Calme toi, c’est qu’un jeu vidéo » sont monnaie courante.

Ici, votre but est de responsabiliser vos équipiers afin qu’ils fassent preuve d’initiative. Mais on ne demande pas aux gens de prendre des initiatives si nous ne sommes pas prêts à leur donner les moyens d’une part et la vision de l’autre, cela veut dire céder du pouvoir, cela tombe bien, c’est exactement ce que vous voulez faire.

Conlusion

Dans cet article, nous avons vu qu’au départ, la position du meneur est capitale. Il n’appartient qu’à lui de donner la direction à l’équipe. Il peut soit en faire des serviteurs, soit transformer chaque membre de l’équipe en membre clé. Ce qui fait une excellente équipe, c’est la capacité du meneur à laisser de la place à ces équipiers mais aussi à leur donner les moyens de s’épanouir. Dans cette optique, le meneur a un rôle très important au départ et va céder de plus en plus de pouvoir. Les cinq points que nous avons vus ici sont les garde-fous qui vous empêcheront de devenir un tyran et vous aideront à garder le cap afin de transformer votre équipe « bande de copains » en une équipe extrêmement efficace et qui trouve énormément de plaisir à jouer ensemble.

Défi

Le défi de cet article est le suivant : Souvenez-vous d’une situation où vous avez été guidé par un meneur qui vous a permis de vous dépasser, cela peut être un professeur, un membre de la famille, un ami, etc… Comment vous sentiez-vous pendant l’activité de groupe?

Pour vous donner un exemple, j’avais un professeur d’anglais que tout le monde adorait et tout le monde participait en classe, ce qui est quand même assez difficile d’imaginer en France où le niveau d’anglais n’est pas terrible.

Pour vous donner un exemple plus personnel, quand je joue à des jeux vidéo avec des amis, je suis souvent le meneur. Aujourd’hui, les personnes avec lesquelles je joue sont autonomes, elles communiquent, elles partagent, il y a beaucoup d’entraide. Il y a deux jours, nous avons gagné une partie où il était impossible de gagner sans un esprit de groupe fort et une coordination élevée. Et c’est bien de cela qu’il s’agit, un acte de groupe et pas la contribution exceptionnelle d’une seule personne qui fait la différence.

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