C’est pas moi monsieur, je vous jure, sur la vie de ma mère!

de | 30 décembre 2016

Un comportement très fréquent chez les joueurs mais aussi les gens de manière générale, surtout dans une relation professionnelle. Le concept lié au comportement que je veux introduire ici s’appelle l’erreur d’attributions, elle consiste à attribuer les échecs des autres à leur personne, et quand nous essuyons un échec, nous l’attribuons à des facteurs extérieurs, c’est-à-dire à des circonstances défavorables sans jamais nous remettre en question :

  • Les retards de livraison
  • Les erreurs de courriers
  • La chance de son adversaire (et non pas son talent)
  • Votre connexion Internet

Pendant une époque, j’étais champion du monde dans cette discipline, et ce n’est pas un titre que vous voulez avoir. Encore aujourd’hui, je dois lutter contre mes instincts primaires qui me poussent à rejeter la faute sur les autres.

Cette erreur qui a l’air innocente pour un jeu vidéo est en fait dévastatrice, et dans le monde professionnel, elle peut avoir des conséquences très importantes sur la performance. Si vous travaillez avec quelqu’un qui fait une erreur de temps en temps, ne condamnez pas tout de suite sa personne. Intéressez-vous aux faits qui ont conduit à son échec, aux circonstances, mais aussi au raisonnement de la personne, et pas seulement aux résultats. Vous découvrirez que ses erreurs ne lui sont souvent pas imputables. Néanmoins, si cette personne fait des erreurs de manière systématique, vous êtes effectivement face à un problème, et si vous devez vous en séparer ou lui en parler, faites le sur la base des faits et pas sur la base des faits que vous avez attribués à cette personne.

Dans le cas du jeu vidéo, particulièrement pour les jeux en équipe, ce comportement est amplifié. Sur des jeux comme League of Legends, la personne fautive reproche presque systématiquement à son équipe de ne pas l’avoir aidé alors que c’est sa seule bêtise qui l’a amené à la mort. Pour évaluer la puissance de ce phénomène, la communauté de ce jeu est jugée toxique, ne sous-estimez pas alors le phénomène et ne pensez pas que vous n’êtes pas atteint par ce dernier sans un examen approfondi de votre personne. On assiste à des cas extrêmes : des joueurs plus expérimentés viennent reprocher à des nouveaux joueurs de ne pas être bons alors que c’est leur première partie. Imaginer cette ambiance à votre travail ou votre futur travail, à la moindre erreur, vous en prenez pour votre grade. Personnellement, il m’arrive encore à chaque partie perdue de trouver un coupable chez mes alliés avant de devoir me reprendre très sérieusement et de voir que je suis le seul fautif.

Dans un contexte professionnel, votre réflexe est alors de ne rien faire, pour éviter que l’on ne puisse vous reprocher quoi que ce soit, et c’est justement ce qui se passe.

Dans la pratique du jeu vidéo, ce phénomène vous empêche tout simplement de vous remettre en question et de vous améliorer, vous vous retrouvez alors bloqué à un niveau sans jamais comprendre pourquoi. Enfin si, c’est forcément la faute de vos alliés : « Si seulement il y avait des joueurs comme moi, on gagnerait tout le temps ».

Le seul remède à ce phénomène est de faire preuve de discernements quand il s’agit d’évaluer les autres et leurs résultats, mais aussi d’arrêter de se cacher derrière les astres ou la chance quand il s’agit d’évaluer sa part de responsabilité dans un échec. Concentrez-vous sur les paramètres que vous pouvez modifier pour atteindre votre résultat plutôt que d’aller chercher des excuses qui n’ont pas de sens. Se remettre en question est une partie très importante aussi bien dans le jeu vidéo que dans le monde professionnel si vous voulez vous épanouir.

Le but de cet article est de vous permettre d’adopter la bonne mentalité afin que plus tard, vous puissiez trouver les véritables obstacles qui vous empêchent de vous épanouir aussi bien dans le jeu vidéo que dans la vie professionnelle.

« Vous ne pouvez pas faire fonctionner une entreprise par la peur, parce que le meilleur moyen d’éliminer la peur est d’éviter la critique, et le meilleur moyen d’éviter la critique est de ne rien faire ». Steve Ross, ancien PDG de Time Warner.

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