Savoir gérer la fatigue pour continuer de progresser dans les jeux vidéo

de | 6 septembre 2017

Si vous jouez pour progresser, il vous est déjà arrivé de passer une mauvaise soirée. Par mauvaise soirée, j’entends que vous n’avez pas réussi à faire vos exercices du tout, vous n’avez rien appris de nouveau. Pire encore, vous avez joué à un niveau bien en dessous de votre niveau habituel. Mais cette mauvaise soirée n’est que la partie émergée de l’iceberg. Si vous faites un récapitulatif de ce que vous avez récemment appris sur trois semaines, vous réaliserez que vous n’avez pratiquement pas progressé. Si cela vous est déjà arrivé, cet article est pour vous. Quand vous êtes dans cette situation, la première chose que vous ressentez c’est la frustration, mais ce n’est pas le plus important. Le plus important est que vous êtes dans un état d’incompréhension totale, vous ne savez ni ce qui ne va pas, ni ce que vous devez changer. Résultat, vous faites exactement la même chose à tous les entraînements en espérant obtenir un résultat différent, mais bien sûr vous obtenez exactement le même résultat que les autres fois.

Ici, j’aimerais vous parler d’un élément qui vous échappe. C’est le fait de ne pas le prendre en compte qui vous empêche de progresser alors que vous connaissez déjà le point que vous devez améliorer dans votre jeu. En prenant conscience de cet élément, instantanément vous tirerez plus de bénéfice de chacun de vos entraînements. Vous réaliserez que ce n’est pas un manque de volonté qui vous empêche de progresser, ni un manque d’effort de votre part. D’ailleurs, je pense même que vous êtes convaincu de donner le maximum, alors arrêter d’essayer de jouer la surenchère et de jouer plus, vous avez déjà dû vous apercevoir que cela ne servait à rien. En reprenant vos exercices sur de bonnes bases, votre progression se réamorcera, vous ajouterez concrètement de nouveaux éléments à votre jeu et votre niveau de maîtrise n’en sera que meilleur. Concrètement, votre classement continuera de s’améliorer.

Savoir quand s’arrêter, prendre du recul, pour mieux rebondir

Jeu vidéo : Total War Shogun 2, Fall of the Samurai. « Celui qui sait quand se battre et quand s’abstenir sera toujours victorieux », Sun Tzu, l’Art de la Guerre.

Avant d’aller plus loin, laissez-moi vous décrire votre situation. Vous maîtrisez plus ou moins bien les mécaniques de vos jeux vidéo, vous désirez progresser, passer un cap. Vous savez ce que vous devez travailler. Par exemple si vous devez travailler la communication [remplacer communication par le critère que vous êtes en train de travailler], au début de votre entraînement tout cela se passe bien, la communication est fluide. Puis, il arrive un moment où vous n’y arrivez plus. Parce que vous étiez dans la partie, tête dans le guidon, vous ne pouvez faire aucune analyse. Votre conclusion est alors la suivante : « je n’ai pas réussi à faire mon exercice jusqu’au bout, à m’entraîner, car je ne fais pas assez d’efforts. La preuve, ma communication était inexistante sur la fin ».

Alors, vous commencez à redoubler d’efforts chaque soir d’entraînement. Mais le résultat est le même, tous les soirs, il arrive un moment où vous jouez en pilote automatique, vous ne faites plus du tout votre entraînement. Laissez-moi vous poser une question : si systématiquement, après chaque mauvaise soirée, vous redoublez d’efforts la soirée suivante et que cela n’apporte rien de plus à votre entraînement, pensez-vous vraiment que le problème est un manque d’effort? Cette analyse bien que très simple vous est inaccessible, car vous étiez trop impliqué dans la partie.

Laissez-moi vous décrire exactement quand vous ne faites plus votre exercice, laissez-moi vous expliquer quand il n’est plus possible pour vous de faire votre exercice. A chaque fois que la situation est tendue, intense, qu’il y a d’énormes enjeux, instantanément votre exercice passe à la trappe. D’ailleurs si vous jouez avec de la musique, je suis persuadé que vous seriez incapable de me donner le titre de la chanson qui passait à ce moment-là, comment est-ce que je le sais? C’est un test que je réalise auprès des joueurs que je coach, ceux qui ne me croient pas, ceux qui sont encore bloqués dans le modèle du « quand on veut, on peut! ».

Mais où se trouve mon problème alors? Combattre ou fuir!

Maintenant que nous avons écarté la piste du manque d’efforts, il est temps de vous permettre de comprendre exactement pourquoi vous n’arrivez pas à appliquer votre exercice jusqu’au bout, ou plutôt, dans les moments les plus intéressants.

Quand vous vous forcez à réaliser un exercice, vous faites quelque chose qui n’est pas naturel. A chaque fois que vous réalisez concrètement votre exercice, vous faites appel à votre volonté pour le faire. Dans une situation où vous n’êtes pas sous pression, la dose de volonté utilisée est extrêmement faible, concrètement, c’est de la rigolade. Quand la pression monte d’un cran, vos réactions sont plus lents, l’exécution de votre exercice vous demande plus d’efforts, la dose de volonté utilisée est plus grande. Quand la tension est au maximum, quand la situation dans laquelle vous vous trouvez va décider du vainqueur, votre cerveau détecte une menace forte : il passera alors en mode pilote automatique, cette réponse biologique s’appelle le « fight-or-flight » soit, « combattre ou fuir ». Parce que vous êtes sur un jeu vidéo, votre intégrité physique n’est pas menacée, alors votre cerveau choisira automatiquement de vous faire passer en mode « combat ». Dans ce mode, la réflexion même la plus simple au monde, est impossible, cela pour une raison très simple, votre cerveau a volontairement « éteint » une partie de votre cerveau, la partie du cerveau qui vous permet de vous forcer à réaliser une exercice, qui vous permet de réfléchir et d’analyser la situation. Que cela soit clair, c’est une réaction biologique, ce n’est pas vous qui choisissez de passer dans ce mode, c’est un réflexe ancré dans la partie la plus profonde et la plus primitive de notre cerveau.

Le secret ici, est de se souvenir que la situation extrêmement stressante que vous allez rencontrer fait partie de votre plan, c’est justement ce que vous cherchez. Parce que cela fait partie de votre plan, vous ne passerez pas dans le mode « fight-or-flight », mais cela va vous demander une dose énorme d’énergie et de volonté.

« Non, je suis pas bourré, je suis bien! »

Et c’est justement là qu’est votre problème, vous fatiguez trop vite. Parce que vous vous laissez dominer par les enjeux, faire votre exercice vous consomme énormément d’énergie jusqu’à être fatigué.

Eh là, si vous étiez devant moi, vous me diriez quelque chose comme « mais je ne suis pas fatigué, au contraire, je suis à fond! ». Il faut différencier deux formes de fatigues, la fatigue physique et la fatigue mentale. Eh là, si vous étiez devant moi, vous me diriez quelque chose comme « mais je ne suis pas fatigué mentalement non plus, je peux réfléchir ». Oui, vous pouvez réfléchir quand la situation est passée et que vous avez perdu, « vous avez retrouvé vos esprits ». De la même façon qu’une personne soûle ne se rend même pas compte qu’elle l’est, vous ne vous rendez pas compte de votre état de fatigue. Votre seul moyen de vous en rendre compte : vous filmez pendant votre séance d’entraînement, que cela soit via un logiciel de capture d’écran ou de capture du son seulement. Vous réaliserez que si votre exercice était de réaliser une action, cette action passe à la trappe. Si votre exercice consistait à donner des informations à vos équipiers, vous serez muet comme une carpe. Et le pire? C’est que vous ne vous en rendrez même pas compte. D’ailleurs, vous ne vous souviendrez que très peu de la situation, de ce qu’il s’est passé et encore moins la durée de celle-ci.

Pendant que vous regarderez cet enregistrement, vous ferez attention aux éléments suivants :

  • Est-ce que vous vous êtes énervé bien plus que ce que vous auriez dû après un événement ou un commentaire que l’on vous a fait?
  • Est-ce que vous ressentez les choses plus intensément? Ce qui vous énerve, vous énerve bien plus. Ce qui vous donne du plaisir, vous donne bien plus de plaisir que d’habitude.
  • Avez-vous envie de manger sucré? (Le signal naturel du cerveau pour vous dire « j’ai besoin d’énergie »).
  • Vous soufflez après chaque mauvais coup pris.

Ces éléments sont les symptômes de la fatigue mentale.

Mais alors que puis-je faire pour éviter d’en arriver là? 5 réflexes à travailler dès aujourd’hui

Vous l’aurez compris, ici il s’agira d’adopter des stratégies afin d’économiser votre énergie, votre volonté. En effet, votre volonté est limitée, de plus les joueurs de jeux vidéo ont tendance à s’entraîner le soir, moment où notre volonté est le plus bas. Mais tout n’est pas perdu, ici, je vais vous donner quelques éléments afin de préserver votre réservoir de volonté.

  1. Ne pas jouer pour gagner. Si vous voulez gagner, votre volonté s’épuisera à une vitesse folle et vos exercices passeront à la trappe.
  2. Jouez pour appliquer vos exercices, faites-le sous conditions extrêmes. Je veux que cela soit clair, quand il n’y a pas d’enjeu, vous arriverez effectivement à appliquer vos exercices. Mais ce n’est pas l’exercice que vous devez répéter, c’est le faire sous conditions extrêmes que vous devez apprendre à faire. Et pour cela, pas d’échappatoire, parties classées, conditions réelles et on serre les dents!
  3. Apprendre à reconnaître et surtout à détecter les moments où la tension sera maximale, où votre cerveau est sur le point de passer en mode « combat ». Pour ne pas baisser votre garde, il faut savoir reconnaître le moment où la tension va frapper afin d’instantanément remonter sa garde. Si vous passez en mode « combat » vous n’avez aucune chance d’en revenir.
  4. Une fois que vous avez détecté ce moment critique, vous devez entreprendre une action concrète pour casser la dynamique qui vous entraîne vers vos automatismes primitifs. Personnellement, je force les joueurs que je coach à dire quelque chose comme « allez les gars, ça va chauffer, on se concentre sur l’exercice ».
  5. Répétez, répétez et répétez. Il n’y a pas de secret, pour que votre exercice vous consomme de moins en moins d’énergie, vous devez en faire un automatisme. Un automatisme ne consomme pratiquement pas de volonté, c’est la seule façon possible de passer outre ces limites, d’apprendre concrètement quelque chose et de l’ajouter à sa façon de jouer.

Défi

A vous de jouer maintenant! Cette étape est de loin la plus difficile dans le monde des jeux vidéo. D’abord parce que très peu de joueurs connaissent la mécanique à l’œuvre ici et s’entêtent à penser que ce n’est qu’une question d’efforts. Ensuite, l’état mental dans lequel il se trouve les empêche d’analyser la situation. Ici, je vous apporte non seulement l’analyse, mais aussi la méthode. Mettez toutes les chances de votre côté, enregistrez-vous, apprenez à reconnaître les signes précurseurs du mode « combat » et appliquez la méthode que je vous propose, succès garantit dès la première séance.

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