[AD] L’obsession des points et de la ligue dans les jeux vidéo compétitifs

de | 28 août 2017

Connaissez-vous des joueurs de jeux vidéo compétitifs qui sont obsédés par les points? Au point où ils deviennent complètement fous quand ils ont passé une mauvaise soirée? D’ailleurs, ils ne s’en cachent même pas, car d’après eux, c’est le signe qu’ils sont de vrais joueurs, qu’ils en veulent vraiment! Si vous connaissez des joueurs de ce genre ou si vous êtes vous-même ce type de joueur, cet article est fait pour vous. Cette mentalité que vous avez, même si je sais pertinemment que vous avez la conviction que c’est la mentalité à avoir pour progresser, est la pire mentalité que vous pouvez avoir. Tout ce que vous retirerez de cette approche, c’est de la frustration. Vous ne pouvez tout simplement pas vous dépasser avec une telle mentalité. Si cela dure depuis longtemps, vous allez commencer à rationaliser votre comportement avec des raisons qui ne tiennent pas la route. Malheureusement, vous ne vous en rendrez même pas compte. Puis, vous allez vous créer un cercle vicieux parfait. Parce qu’il vous arrivera inévitablement de perdre des parties, chose que vous détestez, cela va vous énerver et parce que vous êtes énervé, vous allez moins bien jouer, ce qui aura pour conséquence de vous faire perdre plus de parties. Vous continuerez de perdre jusqu’au moment où vous serez face à des joueurs moins forts que vous (habituellement) et vous pourrez alors remonter. Vous continuerez cette danse pendant une semaine, un mois, deux mois, six mois, un an, deux ans, car rien ne changera si vous continuez sur cette route.

J’aimerais vous apporter ici des éléments vous démontrant que votre mentalité, comme votre approche ne vous permettront pas d’atteindre les résultats que vous désirez. Je veux que vous profitiez de cet article pour prendre du recul sur cette situation et que vous observiez les faiblesses de votre approche et de votre raisonnement. Un simple coup d’œil ne suffira pas, j’en ai bien conscience, mais si cet article peut être le début d’une véritable remise en question, cela sera déjà un grand pas pour vous et j’aurais dépassé mes espérances. En changeant votre façon d’approcher les parties classées et la compétition, vous pourrez vous servir de chaque partie (défaite comme victoire) afin de nourrir votre niveau de jeu, le renforcer. La compétition ne sera plus une activité frustrante pour vous, bien au contraire, elle vous permettra de vous construire. En adoptant l’approche d’une compétition saine, la victoire ou la défaite auront beaucoup moins d’importance, car c’est votre amélioration qui sera au cœur de vos préoccupations. Vous constaterez que votre niveau augmente de manière continue en analysant clairement votre jeu plutôt que de vous baser uniquement sur le nombre de points que vous avez gagné ou perdu.

Ca me gonfle de m’entraîner sur des parties classées, je ne ferai plus de parties classées tant qu’on ne sera pas au top!

Si vous jouez à des jeux en équipe, le titre de cette partie vous permet de reconnaître un joueur obsédé par les points. Un autre remarque type quand vous allez perdre, « c’est parce qu’on joue comme des m***** », « on se fait rouler dessus » (alors que le score était serré), « je le savais déjà qu’on allait perdre » (partir défaitiste, ça aide pour gagner ou alors c’est l’inverse?), « c’est pas assez pour moi, il me faut plus, j’en ai marre de perdre ». Les effets de chaque défaite ou mauvaise nouvelle seront amplifiés. Tout ce qui sera positif dans son jeu ou dans celui de son équipe sera balayé d’une main par des remarques du type « ah oui, c’est vrai que c’était très compliqué à faire ce qu’on a réussi à faire, ah oui bravo! », « c’est votre premier jeu vidéo ou quoi? », « tout ce que l’on fait, ça ne sert à rien », « vous voulez jouer dans la ligue supérieure, mais vous êtes tous mauvais! ».

Autre symptôme visible, tous les petits défauts prennent des proportions énormes : « on n’a pas de stratégie », « on ne sait pas jouer ensemble », « il nous manque X, Y, Z ». Il existe encore un dernier symptôme où il est impossible de se tromper, ce type de joueur est le champion pour détecter tout ce qui ne va pas dans l’équipe, par contre il ne proposera absolument aucune piste d’amélioration et adoptera des stratégies de fuite du type : « mais c’est pas mon boulot! », « c’est pas à moi de faire ça », « moi je fais juste mon boulot », « moi si j’ai rejoint une équipe c’est pour qu’on gagne, pas qu’on s’entraîne! ».

Et si je vous disais que toutes ces phrases, un ami l’a vécu pas plus tard qu’avant-hier et que toutes ces phrases viennent de la même soirée, de la même personne? Oui, dans son équipe, un joueur était de ce type-là. Certains d’entre vous me diront « oui, mais il doit être jeune, il doit avoir 15 ans », détrompez-vous, il en a 24, un adulte donc. Vous commencez à voir où est le problème? Avoir un joueur de ce type dans votre équipe est mortel. Mais le pire c’est d’être ce joueur, car cela ne lui attire que de la frustration. Si vous êtes ce joueur, la prochaine partie vous est spécialement dédiée, vous devez comprendre que vous n’êtes utile pour personne avec une telle mentalité.

Les 7 erreurs de base que le « joueur qui joue sérieusement » commet et qui détruit littéralement ses chances de progresser

1. Moi je joue pour gagner, pas pour m’améliorer!

La première erreur de ce joueur est d’avoir un objectif extrêmement mauvais. Jouer pour gagner est la chose que l’on entend le plus souvent, mais c’est aussi l’erreur la plus répandue chez les joueurs de jeux vidéo. Avoir pour objectif de gagner est un très mauvais objectif, car il est incontrôlable. Et imaginons même que ce soit un bon objectif, devinez quoi, le joueur en face a le même objectif que vous dans ce cas et l’un de vous va devoir perdre, l’un de vous sera frustré.

Si vous voulez avoir un bon objectif, il faut que celui-ci soit Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste, Temporellement défini (SMART). Voyons ce qui ne va pas quand on joue pour gagner.

  • Si vous jouez pour gagner, vous ne jouez QUE pour gagner? Dans son discours évidemment non, il est prêt à accepter quelques défaites, mais vu dans l’état dans lequel il se met, clairement il ne joue que pour gagner et ne supporte pas la défaite. L’objectif n’est pas spécifique et donne naissance à un complexe.
  • Jouer pour gagner est-il mesurable? Est-ce que parfois, cette personne joue plus pour gagner que d’autres fois? Cette question n’a même pas de sens, l’objectif n’est donc pas mesurable.
  • Jouer pour gagner est-il atteignable? Encore faut-il qu’il y ait une fin à cette approche pour pouvoir l’atteindre.
  • Jouer pour gagner est-il réaliste? Tout le monde peut jouer pour gagner, mais gagne-t-il pour autant? Vous connaissez la réponse.
  • Jouer pour gagner est sans fin, si votre but quand vous lancez des parties classées est de gagner plus que de perdre, je suis désolé de vous l’apprendre, mais le système de matchmaking (système qui sélectionne un adversaire à votre niveau) vise à vous faire perdre ou gagner 50% du temps. Vous vous retrouverez donc autour de 50%.

Comme vous pouvez le voir, aucun critère n’est validé, le joueur qui joue donc pour gagner a l’objectif parfait pour être frustré, quel que soit le résultat de sa soirée.

2. Je ne veux pas m’entraîner en partie classées, j’irai en classé quand je serai prêt!

Un raisonnement qui tient plutôt bien la route, à quelques détails près. Le joueur en question est incapable de vous décrire clairement et concrètement ce que « être prêt » veut dire. Parce qu’il n’a pas d’objectif clairement défini, il se contentera de jouer pour gagner. D’après lui, il sera donc prêt quand il ne fera que gagner. Ensuite, à cause de son approche, il ne sait pas ce que veut dire s’entraîner, car il ne joue que pour gagner. Or l’entraînement n’est pas fait pour gagner, l’entraînement est fait pour permettre aux joueurs de parfaire leurs aptitudes, améliorer leur technique, chose inconcevable pour le « joueur qui joue sérieusement ».

Jeu vidéo : Star Ocean, RPG. Les jeux de type RPG partagent tous un point commun, juste avant le combat final, le joueur doit se mettre à « grinder », il doit améliorer les performances de ses personnages en jouant beaucoup et en livrant de nombreuses batailles.

En effet, il a l’image des jeux de type RPG en tête où il suffit de jouer pour gagner en expérience, débloquer de nouvelles aptitudes et devenir plus fort, malheureusement pour lui cela ne marche pas comme cela dans le monde réel.

3. J’en ai marre de me faire rouler dessus!

Un joueur qui joue pour gagner commet une autre erreur. Parce que sa seule façon de voir si sa partie s’est bien déroulée est la victoire de sa partie, il ne développe absolument pas ses capacités d’analyse. En clair, il ne sait même pas si ce qu’il fait est bon ou non (sauf dans les cas vraiment évidents que n’importe qui peut comprendre). Lorsque l’on va lui demander de prendre la parole pendant les débriefings, il ne sera absolument pas pertinent et il ne s’en rendra même pas compte. J’irai même plus loin, il aura la conviction qu’il est le seul à « être dans le vrai ».

Le symptôme est le suivant, s’il perd ou si son équipe perd, il s’est fait rouler dessus. S’il gagne, c’est parce que les adversaires en face étaient mauvais. En bref, aucune analyse.

4. Si l’on n’est pas une équipe de 6, je ne veux plus jouer en partie classée!

Pour le joueur qui joue pour gagner, il faut que tout soit optimal, l’équipe, l’heure de l’entraînement, les victoires, les équipiers, les adversaires (s’ils pouvaient être mauvais sans que cela se voit trop, cela serait parfait), sinon… il va enrager. S’il n’y a ne serait-ce qu’une seule défaite dans la soirée, il va se mettre à enrager, rien n’est assez parfait pour lui. Cela va générer énormément de frustration chez lui, et personne ne peut donner son meilleur jeu quand il est frustré.

5. On n’a pas fait un seul truc de bien!

Un joueur qui joue pour gagner, à cause de la frustration permanente qu’il a quand il joue, a créé des changements profonds dans son cerveau (je ne plaisante pas). A chaque fois qu’il ressent de la frustration pour un événement lié à son jeu vidéo, son cerveau va créer un réseau neuronal supplémentaire. S’il continue à être frustré fréquemment, son réseau neuronal va devenir une route neuronale, cela va faciliter sa frustration. Puis, s’il continue, cela deviendra une autoroute neuronale, ici, au moindre signe de défaite, il deviendra extrêmement frustré.

Comment cela se concrétise-il pendant la partie? Toutes les actions négatives seront amplifiées et toutes les actions positives seront oubliées. Je ne plaisante pas, ce joueur sera incapable de se rappeler une seule chose qui a été faite correctement. De base, le cerveau déteste 7 fois plus perdre qu’il n’aime gagner, je vous laisse imaginer avec un cerveau correspondant à ce type de joueur.

6. Non, mais ça va être ma faute maintenant!

A la moindre remarque que vous lui ferez, à la moindre piste d’amélioration que vous allez lui proposer, il le prendra comme un reproche et il les traduira instantanément par « on a perdu parce que je n’ai pas fait X? Non mais c’est une blague, c’est vous qui êtes tous mauvais! », « on croit rêver, ça va être ma faute maintenant! ». Vous l’aurez compris, le joueur qui joue pour gagner veut gagner, sans mettre l’effort nécessaire pour gagner. A cause de sa frustration, il crée énormément d’attentes, il veut gagner… tout de suite… là… maintenant, tel un enfant qui ne peut plus attendre pour sa sucette. Et c’est exactement cela que vous allez devenir si vous êtes ce type de joueur, un enfant.

7. Mais c’est pas mon boulot!

Il est le premier à râler sur tout et n’importe quoi. Mais quand vient le moment où l’on doit se retrousser les manches, vous pouvez l’oublier. Il ne fera rien de plus que ce qu’il ne fait déjà (c’est-à-dire pas grand-chose). Face à de nouvelles responsabilités, ou seulement à la prise de ses responsabilités, il inventera des excuses qui ne tiennent même pas la route. Il en a conscience mais peu importe, prendre des responsabilités reviendrait pour lui à faire partie de ce « fiasco », il est très bien dans son rôle de râleur, il se sent pertinent, il se sent « utile », il se sent « parfait ».

Défi

Avant-hier, mon ami a touché le gros lot, l’équipier en question avait réussi à récolter toutes les erreurs possibles. Mais vous connaissez peut-être, ou vous êtes peut-être en partie ce joueur qui joue pour gagner. Si vous détectez des comportements chez vos équipiers ou chez vous, qui sont répertoriés dans cette liste des 7 erreurs, prenez conscience que vous n’êtes pas du tout sur le bon chemin (ou votre équipier) afin de progresser et d’atteindre les résultats voulus.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *