Avoir tort dans les jeux vidéo et ne pas vouloir le reconnaître, un frein majeur dans votre progression

de | 29 janvier 2018

Progresser dans les jeux vidéo implique souvent de remettre en question ce que l’on considérait comme des certitudes. Il n’est jamais agréable de réaliser que nous avons eu tort, de réaliser que nous avons perdu notre temps, surtout si c’est un autre joueur qui nous fait la remarque d’une manière plus ou moins agréable. Ces certitudes que vous aviez vont créer chez vous un point faible, vous ne supporterez tout simplement pas que quelqu’un vienne remettre en question votre point de vue. Même si la personne prend des gants quand elle pointera du doigt une erreur dans votre jeu, vous ne voudrez pas le reconnaître. Vous allez même le prendre personnellement, cela va vous agacer. À cause de cet agacement, votre ton changera, il sera peut-être moqueur, peut-être menaçant. La personne en face qui voulait à la base pointer du doigt une erreur dans votre jeu, changera d’objectif et visera tout simplement à vous ridiculiser et vous l’aurez bien cherché. Il faut savoir que se remettre en question n’est jamais agréable, même si vous le faites vous-même, même si c’est vous qui notez vos erreurs. Oublier cette vérité universelle, c’est croire que progresser n’est qu’un long fleuve tranquille, que ce n’est que du plaisir. Alors à chaque fois que vous serez en souffrance, vous vous en détournerez et vous ne progresserez plus du tout. Ici aussi, le problème sera votre ego, votre fierté.

En vous ouvrant à la possibilité que vous n’êtes peut-être pas aussi parfait que vous ne le pensez, vous serez prêt à recevoir le message de la personne qui vous montre vos erreurs. Même si la personne n’y met pas les formes, vous devez accepter la critique, vous devez accepter de vous remettre en question. Parce que vous avez adopté une position d’ouverture, la personne face à vous sera plus propice à vous expliquer pourquoi ce que vous faites est une erreur. Cela vous fera gagner énormément de temps, mais cela sera aussi très difficile pour votre ego. En effet, même dans cette position d’ouverture, vous ne serez pas à l’abri d’essayer de défendre votre point de vue aveuglément. Vous utiliserez très souvent un système de logique biaisé dont le but est de montrer que vous avez raison et non pas de répondre tout simplement à la question d’une manière plus générale. Dans ce cas-là, vous devrez faire un pas supplémentaire, vous direz à la personne que vous avez eu tort, ce qui est extrêmement difficile. Toutefois, le jeu en vaut clairement la chandelle. En étant capable d’améliorer votre niveau de jeu sur le tas, dans l’action, vous pourrez mettre en pratique tout de suite les pistes de correction que l’on vous a suggérées ou que vous avez trouvées vous-même. En effet, il est nettement plus efficace d’essayer d’appliquer la correction tout de suite plutôt que de faire tourner une espèce de simulation dans sa tête où il est tout simplement impossible de prendre tous les éléments en compte. Cela apportera clairement un boost dans votre progression.

Notre ego est bien plus souvent aux commandes qu’on ne le croit

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Jeu vidéo : Les Tortues Ninja : Des mutants à Manhattan. Voyez votre ego comme l’espèce d’alien (Krang) qui contrôle ce robot.

Quand vous jouez aux jeux vidéo, vous voulez avant tout une chose, du plaisir. La boussole la plus efficace pour trouver du plaisir est notre ego. Notre ego sait précisément ce qui nous tient à cœur, il sait précisément comment stimuler notre plaisir et surtout il sait où le trouver. Alors quand vous jouez aux jeux vidéo, vous jouerez d’une certaine façon qui vous donne beaucoup de plaisir, mais qui n’est pas forcément la plus efficace. Vous chercherez les belles actions en solo au lieu d’aider votre équipe par exemple. Vous blâmerez votre équipe pour vos erreurs et quand vous ne blâmerez pas votre équipe, vous trouverez des raisons extérieures totalement loufoques pour expliquer le fait que le problème ne vient pas de vous et cela vous permettra de conserver votre plaisir.

Sauf qu’un jour ou l’autre, un équipier en aura assez de vous entendre pleurer, de vous entendre blâmer l’équipe alors que c’était clairement votre faute. Alors, il pointera une de vos erreurs publiquement. Parce que vous vous en êtes pris à lui de manière plus ou moins directe, il n’y mettra pas forcément la forme qu’il faut pour vous pousser à vous améliorer. La combinaison des deux fera que votre réaction naturelle sera de vous mettre sur la défensive et c’est là que les ennuis commencent.

À la seconde où votre équipier vous a fait cette remarque, c’est votre ego qui a tout encaissé. Quand notre ego ou notre fierté, est touché, nous sommes prêts à tout pour le réparer, quitte à dire des choses qui n’ont absolument aucun sens, qui sont totalement ridicules sur le coup.

« Quand je dis non, c’est non ! »

Il y a très peu de chances que cette discussion soit productive. S’il y a une chose que notre ego déteste plus que tout, c’est de se rendre compte que nous avons été ridicules. Nous aurons alors tendance à choisir de nous opposer à notre interlocuteur dès le départ et toutes les réponses que nous donnerons par la suite seront dans l’opposition. Nous voulons rester sur la même stratégie du début à la fin. En clair, nous ne voulons pas avoir l’air d’une girouette, nous préférons camper sur une position, même si la position est impossible.

Donc si les premiers mots qui sortent de votre bouche après que votre équipier vous ait fait cette remarque sont « non », ou « je ne suis pas d’accord », vous n’aurez absolument aucune chance d’avoir une véritable discussion avec ce joueur. Je le répète, parce que vous avez choisi le chemin de l’opposition au départ, votre ego vous poussera à garder cette position quoi qu’il arrive. La personne en face de vous peut vous montrer par A+ B que vous avez tort, vous ferez tout pour ne pas coopérer, quitte à prendre la position de quelqu’un qui ne sait pas réfléchir.

C’est exactement ce comportement que l’on retrouve chez la grande majorité des joueurs de jeux vidéo et qui les empêche tout simplement de progresser. La conséquence est claire, les joueurs stagnent dans le classement et remettent tout en cause sauf eux-mêmes ce qui ne les fera jamais avancer.

Si vous voulez avoir une meilleure vue sur ce phénomène, il vous suffit tout simplement d’aller sur un forum spécialisé sur les jeux vidéo. Regardez les « débats » qui n’en sont tout simplement pas. Les joueurs de jeux vidéo sont tellement incapables de mener des débats qu’en fait, ce n’est qu’une succession de messages pour et contre qui s’enchaînent. Le camp des « pour » est trop occupé à rejeter les arguments du camp des « contre » pour les écouter et vice versa.

Une méthode en 3 points très efficaces pour ne pas tomber dans ce piège

Vous l’aurez compris, votre erreur se situe dès le départ quand vous avez choisi de dire « non ». Dès cet instant, vous avez fermé toutes les portes de la coopération. La première étape de la méthode est donc très simple, mais elle est aussi très difficile à supporter pour votre ego, elle consiste tout simplement à admettre vos fautes, toutes vos fautes et bien au-delà. Puis, elle consistera à écouter votre interlocuteur qui, en voyant votre démarche, ne visera plus à vous humilier, mais à directement vous donner la solution.

La méthode se décompose de la façon suivante :

  • Après que votre équipier vous ait fait une remarque, qu’il ait pointé du doigt une de vos erreurs, vous ne direz rien. Vous garderez le silence autant que nécessaire, autant de temps qu’il faudra afin que les premiers mots qui sortent de votre bouche soient « tu as raison » ;
  • À partir de là, vous lui direz encore une fois qu’il a raison et vous expliciterez pourquoi il a eu raison. Vous donnerez trois points extrêmement précis montrant qu’il avait raison. Par exemple : « tu as raison, (1) je n’aurais pas dû râler parce que mes équipiers ne m’ont pas soigné, ils ont sûrement fait du mieux qu’ils pouvaient. (2) j’étais en plus très mal placé, beaucoup trop en avant, s’ils étaient venus, ils seraient morts eux aussi. (3) mon job dans l’équipe est de protéger nos supports et en fonçant dans le tas je n’ai clairement pas fait mon travail » ;
  • Enfin, vous l’écouterez, vous demanderez des précisions à chaque fois que vous en aurez besoin, vous lui poserez des questions afin de savoir comment appliquer les corrections au mieux.

Cette démarche est nettement plus productive, autant pour vous que pour votre interlocuteur. Il y a une certaine satisfaction à admettre vos fautes, vous vous sentirez grandi, parce que c’est bien le cas. L’atmosphère sera nettement plus propice à la coopération, vous vous débarrasserez de la culpabilité et de la honte qui poussent les gens à être sur la défensive.

Défi

À vous de jouer maintenant ! L’astuce que je vous donne ici vous élèvera tout de suite au-dessus de la masse. C’est l’acte le plus simple que vous pouvez faire et qui vous donnera un avantage phénoménal surtout les autres joueurs de jeux vidéo. L’acte en lui-même est simple, mais son exécution est extrêmement difficile, très désagréable. C’est pourquoi je vous conseille d’utiliser la méthode d’abord sur des erreurs mineures, des erreurs qui n’ont que peu d’incidence. Vous élèverez ensuite les enjeux petit à petit afin de pouvoir appliquer la méthode dans les moments les plus critiques.

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