[AD] Les effets de l’adrénaline sur votre niveau de jeu dans les jeux vidéo

de | 20 novembre 2017

Si vous jouez à des jeux vidéo en temps réel compétitif, vous connaissez l’adrénaline, vous connaissez ses effets. Ce que vous n’avez peut-être pas encore compris, c’est que ces effets sont dévastateurs sur votre niveau de jeu. Beaucoup de joueurs pensent que l’adrénaline les rend plus rapides, les fait moins hésiter, a priori pour des jeux vidéo en temps réel ces deux effets ne sont que des bénéfices. Sauf que cette rapidité a un coût, c’est votre précision. Votre capacité à moins hésiter pour passer plus vite à l’action vous fera prendre des décisions stupides, mais qui vous paraîtront bonnes. Clairement, l’adrénaline ne peut pas vous aider si vous cherchez à vous améliorer. Ce qui empêche peut-être plus de 90 % des joueurs de progresser, c’est cette adrénaline. Une fois que l’adrénaline rentre en jeu, vous passez en mode pilote automatique. Vous ne réfléchissez plus, vous ne faites qu’agir. Je vais vous faire, dans cet article, une liste non exhaustive des différents effets sur votre jeu. Vous comprendrez rapidement pourquoi vous devez vous en débarrasser.

En adoptant un style de jeu plus réfléchi, vous pourrez analyser vos décisions, vous pourrez repérer vos erreurs nettement plus facilement plutôt que de rejeter la faute systématiquement sur les autres. Vous l’aurez compris, pour progresser il faut jouer avec un cerveau en état de marche. Si vous n’entendez plus ce que vos équipiers vous disent, si vous ne réfléchissez plus et que vous vous basez sur vos instincts, vous serez condamné à répéter vos erreurs. En remettant en question toute votre façon de jouer, vous pourrez répondre concrètement à la question pourquoi. Pourquoi est-ce que j’ai fait ce que j’ai fait ? Pourquoi est-ce que je suis passé à gauche plutôt qu’à droite ? Si ces deux questions vous semblent extrêmement stupides, alors vous jouez depuis beaucoup trop longtemps sous les effets de l’adrénaline. Car ces deux questions sont les fondements mêmes de la remise en question. Grâce à cette remise en question, vous pourrez concrètement progresser. Votre progression se comptera en jours, plutôt qu’en mois sous les effets de l’adrénaline.

Pourquoi la grande majorité des joueurs de jeux vidéo ne progressent plus ?

Je vais vous décrire le joueur lambda typique qui ne progresse plus dans son jeu vidéo et qui ne comprend toujours pas pourquoi. Ce joueur de jeux vidéo a la conviction que ce qu’il fait, il le fait correctement. Si vous lui posez la question : « est-ce que tu fais des erreurs ? », Il vous répondra que bien sûr il fait beaucoup d’erreurs. Si vous lui demandez : « cite-moi 3 erreurs que tu fais », il sera incapable de les énoncer précisément. Il sera incapable de vous dire ce qui ne va pas dans son jeu concrètement. Les erreurs qu’il va vous citer, pourront être résumées par : « je ne joue pas assez bien » et ses réponses, ses pistes d’améliorations pourront se résumer par : « Il faut que je joue mieux ». Autrement dit, ce joueur qui ne progresse pas ne sait absolument pas ce qu’il fait de mal et n’a aucune idée de ce qu’il peut faire pour s’améliorer. Concrètement ce que vous allez voir, partie après partie, n’est qu’une répétition des erreurs qu’il faisait, qu’il fait encore et qu’il fera toujours, car il ne sait même pas où est le problème. Si vous jouez toujours la même façon, il n’y a aucune raison d’obtenir des résultats différents,  il est donc normal de conserver le même classement mois après mois.

Les joueurs de jeux vidéo éteignent-ils volontairement leur cerveau quand ils lancent une partie ? Non et heureusement

Wolfenstein, the New Colossus, jeux vidéo, jeu vidéo

Jeu vidéo : Wolfenstein, the New Colossus. Cette scène représente bien le joueur de jeux vidéo qui ne progressent plus.

Pourquoi est-ce que les joueurs de jeux vidéo n’arrivent-t-ils pas à pointer du doigt leurs problèmes ? Cela vient avant tout de leur façon de monter dans le classement. Les joueurs jouent d’une certaine façon au départ et cette façon de jouer va venir les placer plus ou moins haut dans le classement. Ils font alors l’hypothèse erronée de croire que s’ils sont là où ils sont aujourd’hui, c’est grâce à leur façon de jouer. Ils pensent alors que leur façon de jouer est bonne. Alors que c’est l’inverse qu’il faut comprendre. S’ils sont là où ils sont aujourd’hui, c’est à cause de leur façon de jouer et non pas grâce à elle. Au lieu de qualifier leur façon de jouer comme bonne, ils devraient être en train d’en chercher les faiblesses, ils devraient être en train de se remettre en question.

Donc, nous voyons ici que c’est avant tout un problème de point de vue sur la façon de progresser qui est problématique. Parce qu’ils font l’hypothèse implicite que ce qu’ils font est correct (alors qu’ils n’en savent strictement rien au départ), ils ne peuvent tout simplement pas se remettre en question. Alors quand viendra le moment où ils se mettront à stagner ils chercheront partout… sauf là où il faut.

Et c’est là que l’adrénaline rentre en jeu. Quand vous êtes plein d’adrénaline, les capacités cognitives de votre cerveau baissent grandement. L’adrénaline vous pousse à vous battre, surtout pas à réfléchir. Tout votre jeu deviendra impulsif. Si vous avez le choix entre attendre vos équipiers pour attaquer tous ensemble et foncer tout seul à un contre dix, l’adrénaline vous poussera à y aller tout seul, l’adrénaline vous convaincra que c’était le meilleur choix, j’irai même plus loin, que c’était le seul choix qui s’offrait à vous. Et si ça n’a pas marché, c’est la faute de vos équipiers qui sont trop lents (alors que vous n’aviez qu’à attendre 4 secondes de plus).

Les effets concrets de l’adrénaline dans votre jeu

Nous avons vu précédemment des cas un peu abstraits où l’adrénaline intervenait (votre jeu est plus impulsif, notamment). Ici, je vais vous faire une liste non exhaustive de ce que vous allez pouvoir observer sur des jeux de tir à la première personne, soit les jeux vidéo où l’adrénaline a le plus d’impact :

  • Quand votre cible n’aura presque plus de point de vie, votre visée va devenir absolument n’importe quoi. Vous serez plus poussé à garder le doigt sur la gâchette plutôt qu’à viser et mettre la dernière balle. Avant d’atteindre ce point, votre cerveau vous disait « vise d’abord, tire ensuite », quand l’adrénaline prend le dessus, il vous dit « tire ». Enregistrez-vous pendant la partie et vous verrez que votre souris fait absolument n’importe quoi ;
  • L’adrénaline vous dira que suivre une cible et la tuer quitte à en mourir est un bon choix. Celui-là est mon préféré, on entend généralement des remarques du type « un pour un, ça vaut le coup ». Désolé pour vous, mais non, cela ne vaut clairement pas le coup. Vous allez voir votre voisin et vous lui donnez 10€, il vous rend juste après 10€, cela vaut le coup pour vous? Enregistrez-vous et repérez les moments où vous pensez de cette façon ;
  • L’adrénaline vous fera croire que vous touchez vos cibles alors que vous avez tiré complètement à côté. Enregistrez-vous et revoyez la scène au ralenti, voire même image par image ;
  • L’adrénaline vous fera croire que vous étiez correctement placé. Pour juger de votre placement, votre seul et unique critère sera « est-ce que j’étais en train de tirer ? ». Enregistrez-vous, trouvez les moments où vous êtes tout seul en première ligne quand quatre adversaires déboulent sur vous, vous aurez une image bien concrète de ce que l’adrénaline peut vous pousser à faire ;
  • L’adrénaline vous convaincra que si vous attaquez sans rien dire à personne, toute votre équipe se mettra à vous suivre. Et si ce n’est pas le cas, c’est parce qu’ils sont nuls (vous voyez le niveau de réflexion quand vous êtes plein d’adrénaline? Vous avez à peu près la capacité d’analyse d’un enfant de 4 ans). Enregistrez-vous et repérez ces moments où vous dites des choses du genre « oh, mais qu’est-ce qu’ils sont nuls! », « mais pourquoi est-ce qu’ils ne me suivent pas ? ».

Tous les moments précédents que vous avez notés sont des effets de l’adrénaline. Plus importants, ce sont des erreurs. Si vous n’êtes pas convaincu, félicitations, vous avez la preuve que plus vous jouerez en mode réflexe et moins vous saurez réfléchir, poser le problème. Je pense que vous l’avez aussi remarqué, je vous ai demandé de vous enregistrer à chaque point, cela pour une raison très simple, vous êtes incapable d’analyser la situation, réfléchir quand l’adrénaline intervient, alors vous allez utiliser un outil qui le fera à votre place, la vidéo.

Défi

A vous de jouer maintenant ! Jouez comme vous le faites d’habitude. Après avoir joué une heure, commencez à vous enregistrer et essayez de trouver les erreurs que vous faites (plus tard en regardant les enregistrements). Effet électrochoc garantie.

Recherches utilisées pour trouver cet article :adrenaline et jeux video

2 réflexions au sujet de « [AD] Les effets de l’adrénaline sur votre niveau de jeu dans les jeux vidéo »

  1. Lyks

    Très intéressant, merci!
    Je cherchais des documents sur cet effet, me posant régulièrement la question suivante: est-ce que se mettre la pression, donc subir et apprécier l’adrénaline, est une bonne chose lors de compétitions?
    Dans des sports physiques, par exemple au badminton ou plus particulièrement en vélo de descente, les réflexes cognitifs et la rapidité d’exécution ainsi que la vigilance priment sur la stratégie lors du jeu.
    Ca n’est pas valable dans les FPS, et encore moins dans les RTS ou moba, mais qu’en est-il des jeux de courses? L’adrénaline est-elle à rechercher, ou plutôt à ne pas s’en soucier?

    Quel est le rapport avec le tremblement, qui lui est sans le moindre doute néfaste? Il s’agit de la peur, mais cette peur est-elle totalement liée au stress? De sorte à ce qu’on ne puisse pas combattre l’une sans l’autre.

    Merci 😉

    Répondre
  2. Joseph Nguyen Auteur de l’article

    Excellente question et je recherche des réponses solides depuis un bon moment. Malheureusement, le cerveau est tellement complexe que je me retrouve souvent dans des problématiques de serpent qui se mord la queue. La médecine est parfaite pour nous dire qui consomme quoi dans notre corps, mais il est moins évident de trouver des réponses pratiques.

    Par exemple, je voulais savoir si c’était la vitesse et/ou le danger qui déclenchaient la sécrétion d’adrénaline ou plutôt quelque chose d’autre qui déclenchait cette sécrétion d’adrénaline et qui donc conduisait à l’augmentation de la vitesse et de la sensation de danger. Encore une fois, on trouve tout et son contraire selon les livres de médecine et leur date de parution.

    Du coup, ma réponse sera très pratique et je ne vais pas te mentir, ce n’est que ma théorie:
    Dans les jeux de courses, faut-il chercher l’adrénaline? Sans hésiter, je te répondrai en te disant “ça depend de ce que tu recherches”. Si tu veux avoir des frissons, clairement tu vas chercher l’adrénaline et tu vas adopter un style de jeu qui n’est pas efficace (au niveau du chorno) et qui sera très dangereux (tu dérapes dans tous les sens, tu frôles de multiples obstacles etc…). En fait, ce n’est pas tellement le danger qui va être la source de l’adrénaline mais bien l’appréhention du danger. On est accroché à son siège quand on passe à ras d’une barrière de sécurité, mais si on l’a prend de plein fouet, ça ne nous fait ni chaud ni froid. L’adrénaline ici nous poussera à faire des actions rapides et en mode tout ou rien. Soit on braque à gauche, soit on braque à droite. Soit on accélère, soit… un mur nous arrête.

    Par contre, si on veut jouer le chornomètre, il faut plus chercher à suivre une chorégraphie, ici il faudra énormément de précision. Je ne pense pas que la vitesse déclenche l’adrénaline car les meilleurs scores sont réalisés par des joueurs qui sont totalement calmes et dont les gestes sont millimétrés. Dans les jeux de courses, on est beaucoup moins souvent dans le réflexe et beaucoup plus dans l’appréhension des choses. Il faut donc à la fois réagir vite, mais aussi réagir correctement et pour ça, on a besoin de tout notre cerveau (notamment le cortex préfrontal). Si on est plein d’adrénaline, la partie la plus primitive de notre cerveau sera pratiquement la seule à être “encore allumée” et c’est ce que l’on veut éviter.

    Le tremblement lui intervient quand on est dépassé par les événements. Typiquement, on commence par être dans une position de contrôle, on sait ce qui nous arrive dessus, on sait que l’on va devoir réagir et tout se passe à peu près comme prévu. Résultat, il n’y a pas de débordement.
    La peur dont tu parles sera bien présente et son premier effet sera d’éteindre la partie logique de notre cerveau (le cortex préfrontal encore une fois). Avec cette partie éteinte, nous sommes incapables de prévoir les événements. On passe très rapidement d’un jeu réfléchi à un jeu basé uniquement sur les réflexes. Mais parce qu’il y a encore 30 secondes, on avait encore conscience qu’il y avait une tonne de choses à faire, on va être complètement dépassé. Evidemment, avec la partie primitive de notre cerveau qui est la seule à être encore en état de fonctionner, accélérer ça veut dire faire péter l’adrénaline.
    Toutefois, cela ne suffit toujours pas à déclencher les tremblements. Il manque une condition : il faut que la tâche en cours exige une très grande précision en plus d’une rapidité d’exécution. Sans ce critère de précision, le corps ne tremblera pas.

    Dans les jeux vidéo, les tremblements sont donc beaucoup moins liés à la peur et beaucoup plus connecté à un besoin de précision. La peur agit ici comme doigt qui va appuyer sur l’interrupteur de notre cerveau pour en éteindre une partie.

    Désolé pour le pavé, mais cette question est beaucoup plus complexe qu’elle en a l’air et encore une fois, je suis encore à la recherche d’une réponse solide. C’est donc ici ma théorie.

    En tout cas je te remercie pour ta question très intéressante.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *